Santé et droits de l'homme

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LES FICHES D’INFORMATION DU HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L’HOMME





JUILLET 2003
LA CONFERENCE
DE PARIS 


> La conférence
> Nelson Mandela
> Jacques Chirac


JUILLET 2003, PARIS / LA CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LE SIDA
__L'accès aux traitements a occupé le devant de la scène

| UN VIRUS RESISTANT |        Le point de vue de Jean-Paul Moatti

LogoLa 2e Conférence de la Société internationale du sida (IAS), qui s'est tenue du 13 au 26 juillet 2003, à Paris, a lancé un appel pour l'accès aux traitements à toutes les personnes atteintes du virus du sida, dont l'immense majorité, qui vit dans les pays en voie de développement, n'a toujours pas accès aux traitements tandis que l'infection se propage au rythme alarmant de plus de 14'000 nouveaux cas par jour

La conférence réunissait quelque 5'000 chercheurs et médecins venus de 120 pays pour faire le point de la lutte contre le virus qui a infecté plus de 60 millions de personnes dans le monde, en tuant plus d'un tiers, depuis son émergence en 1981.

La conférence a dénoncé le scandale des inégalités qui, dans le domaine thérapeutique, sépare le Nord et le Sud, les pays développés des pays les plus pauvres. "L'accès aux traitements dans les pays du Sud est non seulement un impératif moral mais aussi un bon choix économique", a souligné le professeur Jean-Paul Moatti, économiste de la santé.

"Le Brésil est le premier pays en développement à avoir mis en place un programme d'accès gratuit aux médicaments sauveurs de vies", a rappelé l'ancien président du Brésil, Fernando Enrique Cardoso. Le succès remarquable du Brésil est lié à une forte pression pour obtenir de grosses réductions de prix sur les médicaments auprès des firmes et à la fabrication de génériques. "Le Brésil a démontré que le sida n'est pas un problème insurmontable".

Marie-José Mbuzenakamwe (Burundi, Association nationale de soutien aux séropositifs et aux sidéens) a, pour sa part, "plaidé pour tous les sans voix" et, en particulier, pour l'Afrique qui paye le plus lourd tribut au sida.Haut de page

L'ancien président sud-africain Nelson Mandela a critiqué le fait que les traitements antiviraux restent financièrement inaccessibles aux déshérités. Une "réalité choquante" et une "injustice" que l'on ne peut pas faire semblant d'ignorer, a-t-il souligné. Evoquant la promesse du président américain Bush, de consacrer 15 milliards de dollars sur cinq ans à la lutte contre le sida en Afrique, Nelson Mandela a appelé l'Europe à plus de générosité. "Vu l'importance de sa population et de son économie, l'Europe doit faire autant sinon mieux que les Etats-Unis", a-t-il estimé. Il a égrené des chiffres "atterrants" : 26 millions de personnes déjà mortes du sida, dont 95 % dans les pays en développement, 45 millions de personnes vivant avec le virus.

Le président français Jacques Chirac a, pour sa part, appelé les pays riches à "plus de générosité". Il a prôné notamment le recours à "d'autres sources de financement, comme les prélèvements volontaires sur certaines transactions commerciales privées et, à moyen terme, le recours à des formes de taxation internationale".

"Pour le seul Fonds mondial, l'Union européenne s'est engagée à fournir 2,56 milliards de dollars supplémentaires. La contribution de l'UE représente donc désormais 55 % de toutes les ressources promises au Fonds", a relevé Romano Prodi, président de la Commission européenne, ajoutant qu'il ferait tout pour aller plus loin.

Un virus résistant

"Les connaissances sur le virus comportent encore des lacunes, a souligné le professeur américain Anthony Fauci (directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases), en relevant son "extraordinaire capacité à muter". Le virus, qui réussit ainsi à contourner les défenses immunitaires de l'organisme, trouve également des parades aux traitements et constitue un casse-tête pour la mise au point d'un vaccin préventif.

"Les "résistances" du virus, qui finissent par rendre inopérants les traitements, sont une des grandes préoccupations des cliniciens. D'où le besoin de trouver de nouvelles cibles pour l'attaquer, de nouvelles molécules pour contrer ses parades. Une étude a d'ailleurs montré qu'en Europe le risque de contracter un virus résistant au traitement touchait 10 % des nouveaux patients.

"L'arrivée du T-20/Fuzeon, premier né d'une nouvelle classe, les inhibiteurs de fusion, représente une solution de rechange, un espoir, pour une partie des malades en échec de traitement. La recherche n'a pas non plus baissé les bras dans le domaine vaccinal, a relevé le Pr Françoise Barré-Sinoussi, dont l'équipe a découvert à Pasteur l'agent causal de la maladie, en 1983." Le Monde, Paris,16 juillet 2003.

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