Santé et droits de l'homme

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LES FICHES D’INFORMATION DU HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L’HOMME





JUILLET 2003
LA CONFERENCE
DE PARIS 


> La conférence
> Nelson Mandela
> Jacques Chirac


JUILLET 2003, PARIS / LA CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LE SIDA
__Nelson Mandela dénonce "la plus grave crise sanitaire de notre histoire"


LogoC'est un plaidoyer qu'il est venu faire à Paris, avant la tenue, le16 juillet 2003, de la conférence des donateurs du Fonds de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Nelson Mandela, qui a dénoncé, devant les 5'000 participants à la Conférence internationale sur le sida, "la plus grave crise sanitaire de notre histoire".

L'ancien président sud-africain est devenu une figure charismatique de la lutte antisida et l'avocat des pays en développement, pour défendre leur accès aux traitements.

N. MandelaNelson Mandela a d'emblée déclaré : "La science nous a déjà donné le moyen de stopper la maladie. Le problème est qu'il ne peut pas être utilisé là où il y est nécessaire." Evoquant la "réalité choquante" de "la plus grande crise sanitaire de notre histoire", il a égrené les terribles chiffres : 45 millions de personnes dans le monde vivant avec le sida; 10'000 morts par jour ; 26 millions de morts depuis le début de l'épidémie, pour 90 % d'entre eux dans le tiers-monde ; des millions d'orphelins, sans oublier les 6 millions de personnes qui ont un besoin immédiat de traitement contre le VIH, selon l'Organisation mondiale de la santé... "Ces chiffres sont atterrants, en fait, ils sont incompréhensibles".

"Pourquoi avons-nous échoué à traduire les progrès scientifiques en actes dans les régions les plus pauvres du globe ? a interrogé Nelson Mandela. Cette injustice globale est inacceptable. Le monde doit faire plus, beaucoup plus dans le combat contre le sida." Sous les applaudissements, l'ancien président sud-africain a poursuivi : "Le pas le plus important à accomplir est l'accès aux traitements des pays en voie de développement. Il n'y a pas d'excuse pour le retarder", ajoutant : "C'est un véritable travestissement des droits de l'homme à l'échelle mondiale".

Faisant référence au programme américain consacrant 15 milliards de dollars sur cinq ans à la lutte contre le sida, dont un maximum de 1 milliard pourrait aller au Fonds global, Nelson Mandela a malicieusement commenté : "On voudrait que ce soit davantage. C'est un point de départ. Si les autres nations et le secteur privé s'engagent, rien n'empêchera les Etats-Unis d'augmenter la part des 15 milliards de dollars allant au Fonds global. Nous suivrons le déroulement de cet engagement."

L'Europe doit faire plus

Citant le triplement de la contribution française au Fonds - 150 millions d'euros par an sur trois ans au lieu de 50 millions -, Nelson Mandela a déclaré qu'il était "temps pour les autres nations européennes d'accroître leur engagement vis-à-vis du Fonds. Du fait de sa taille et de sa richesse, l'Europe devrait au moins égaler, sinon dépasser, la contribution américaine". Il a aussi invité les pays de la zone Pacifique, ainsi que les pays les plus touchés à faire plus d'efforts dans la lutte antisida.

Son discours s'est terminé par l'intervention des militants de Fund the Fund (Financez le Fonds) avec le slogan "Traitez les 6 millions! Où sont les 10 milliards?", en référence aux 10 milliards de dollars par an estimés nécessaires pour lutter efficacement contre la maladie. La coalition Fund the Fund, qui réunit notamment Act Up Paris, l'organisation américaine Health Gap et les Sud-Africains de la Treatment Action Campaign, a été saluée par Nelson Mandela, qui a affectueusement pris par l'épaule Gaëlle Krikorian, d'Act Up.

Source : Le Monde, Paris, 16 juillet 2003.
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