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JUILLET 2003 LA CONFERENCE DE PARIS |
"Pourquoi avons-nous échoué à traduire les progrès scientifiques en actes dans les régions les plus pauvres du globe ? a interrogé Nelson Mandela. Cette injustice globale est inacceptable. Le monde doit faire plus, beaucoup plus dans le combat contre le sida." Sous les applaudissements, l'ancien président sud-africain a poursuivi : "Le pas le plus important à accomplir est l'accès aux traitements des pays en voie de développement. Il n'y a pas d'excuse pour le retarder", ajoutant : "C'est un véritable travestissement des droits de l'homme à l'échelle mondiale". Faisant référence au programme américain consacrant 15 milliards de dollars sur cinq ans à la lutte contre le sida, dont un maximum de 1 milliard pourrait aller au Fonds global, Nelson Mandela a malicieusement commenté : "On voudrait que ce soit davantage. C'est un point de départ. Si les autres nations et le secteur privé s'engagent, rien n'empêchera les Etats-Unis d'augmenter la part des 15 milliards de dollars allant au Fonds global. Nous suivrons le déroulement de cet engagement." L'Europe doit faire plusCitant le triplement de la contribution française au Fonds - 150 millions d'euros par an sur trois ans au lieu de 50 millions -, Nelson Mandela a déclaré qu'il était "temps pour les autres nations européennes d'accroître leur engagement vis-à-vis du Fonds. Du fait de sa taille et de sa richesse, l'Europe devrait au moins égaler, sinon dépasser, la contribution américaine". Il a aussi invité les pays de la zone Pacifique, ainsi que les pays les plus touchés à faire plus d'efforts dans la lutte antisida. Son discours s'est terminé par l'intervention des militants de Fund the Fund (Financez le Fonds) avec le slogan "Traitez les 6 millions! Où sont les 10 milliards?", en référence aux 10 milliards de dollars par an estimés nécessaires pour lutter efficacement contre la maladie. La coalition Fund the Fund, qui réunit notamment Act Up Paris, l'organisation américaine Health Gap et les Sud-Africains de la Treatment Action Campaign, a été saluée par Nelson Mandela, qui a affectueusement pris par l'épaule Gaëlle Krikorian, d'Act Up. |