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Par rapport à l'ampleur de l'épidémie,
la mobilisation internationale reste au-dessous de ce qu'elle
devrait être, souligne le rapport. La couverture par le
traitement anti-rétroviral est dramatiquement insuffisante:
800'000 personnes seulement y ont accès, dont 300'000 seulement
dans les pays en développement. Le 1er décembre
2003, l'Organisation mondiale de la santé et l'Onusida
ont lancé une initiative : "Traiter 3 millions de
personnes d'ici à 2005".
Le sida continue de ravager l'Afrique et atteint l'Asie centrale
L'Afrique subsaharienne (2 % de la population mondiale) demeure la région la plus touchée, avec 26,6 millions de personnes infectées - dont 3,2 millions l'ont été cette année - sur une moyenne de 40 millions dans le monde. Le sida a tué en Afrique noire 2,3 millions de personnes au cours de l'année écoulée.
L'épidémie, "galopante" dans la région, touche particulièrement les Africaines qui, contrairement aux femmes des autres régions du monde, "sont nettement plus susceptibles (au moins 1,2 fois plus) d'être infectées que les hommes. Plusieurs enquêtes nationales montrent même que ce risque est 2,5 fois plus élevé pour les femmes chez les 15-24 ans".
Dans quatre pays - Botswana, Lesotho, Namibie et Swaziland - l'épidémie a pris une ampleur "dévastatrice". Au Zimbabwe, où l'on avait cru déceler une baisse des contaminations depuis deux ans, on constate que "ce n'est plus le cas".
Europe orientale et Asie centrale. "L'épidémie de sida en Europe orientale et en Asie centrale ne donne aucun signe de ralentissement", indique par ailleurs le rapport. Quelque 230'000 personnes ont été infectées en 2003, ce qui porte à 1,5 million le nombre de porteurs du virus dans cette région du monde. L'épidémie se propage essentiellement du fait de "l'adoption très répandue chez les jeunes de comportements à risque - consommation de drogues injectables et rapports sexuels non protégés". La Fédération de Russie (avec au moins un million de séropositifs), l'Ukraine et les Etats baltes sont les plus atteints, mais l'épidémie n'épargne plus les Républiques d'Asie centrale comme le Kirghizstan ou l'Ouzbékistan.
En Asie et dans le Pacifique, plus d'un million de personnes ont contracté le VIH en 2003, portant ainsi le total de séropositifs à 7,4 millions d'individus. 500'000 personnes y seraient mortes du sida. L'Inde reste le pays le plus touché avec au total de 3 et 6 millions de séropositifs. "Selon l'Organisation nationale de lutte contre le sida, le VIH ne sévit plus seulement chez les groupes vulnérables ou dans les régions urbaines, il gagne progressivement les régions rurales et l'ensemble de la population".
"La consommation de drogues injectables et le commerce du sexe sont si répandus dans certaines régions, ajoute le rapport, que même les pays ayant actuellement de faibles taux d'infection pourraient assister à l'apparition soudaine d'une épidémie".
Le rapport souligne, à propos de la Chine, que "des épidémies graves, concentrées, sont en marche depuis plusieurs années dans certaines régions, [et qu'elles] sont appelées à éclater dans plusieurs autres". Il indique aussi que trois pays asiatiques ont déjà dû affronter "des épidémies graves sévissant à l'échelle de la nation : le Cambodge, le Myanmar [Birmanie] et la Thaïlande". Mais dans ce dernier pays, comme au Cambodge, le taux d'infection a sérieusement chuté, grâce à l'utilisation beaucoup plus fréquente du préservatif dans le commerce du sexe. Cependant, "la transmission du VIH entre conjoints est à l'origine d'un nombre accru de nouveaux cas d'infections", relativise le rapport.
L'Amérique latine et les Caraïbes comptent à présent plus de 2 millions de personnes infectées par le VIH. Deux cent mille individus ont contracté le virus et 100'000 sont morts du sida.
Afrique du Nord et Moyen-Orient. En dehors du Sud-Soudan, le nombre de personnes infectées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord reste faible, mais l'Onusida lance une mise en garde contre "le déni et la stigmatisation [qui] créent un contexte idéal pour la propagation du VIH".
Sources: Nations unies (OMS et Onusida), quotidien Le Monde, Paris, 26 novembre 2003.

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