Santé et droits de l'homme

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LES FICHES D’INFORMATION DU HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L’HOMME





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SEPTEMBRE 2003, NATIONS UNIES / LA LUTTE CONTRE LE SIDA
__Pour Kofi Annan, les financements de la lutte contre l'épidémie demeurent très insuffisants

  Le rapport de Kofi Annan [pdf pdf 208 ko]
Le message de Kofi Annan

| KOFI ANNAN : LE FARDEAU DE L’EPIDEMIE | EXTRAITS DU RAPPORT |


OnusidaUne quinzaine de chefs d'Etat et de gouvernements ont participé, le 22 septembre 2003, à New York, aux séances plénières de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations unies consacrées à la lutte contre le sida. Ils ont dressé un état des lieux qui continue à être alarmant.

"Il est urgent de faire face aux effets dévastateurs de cette maladie sur les populations vulnérables ainsi que sur les petits Etats vulnérables", a déclaré le président de l'Assemblée générale, le ministre des Affaires étrangères de l'île caribéenne de Sainte-Lucie, Julian Robert Hunte, en ouverture de ces réunions consacrées à la mise en oeuvre de la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida.

Le rapport sur la mise en œuvre de la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida de juin 2001, que le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et l'Onusida ont présenté, fait apparaître des progrès modestes et des carences criantes.

Même si des progrès ont été enregistrés, a déclaré Kofi Annan, "la lecture du rapport est édifiante" et met en évidence que les objectifs pour l'année en cours n'ont pas été atteints. "Plus important encore, nous ne sommes pas sur la voie de commencer à réduire l'échelle et l'impact de l'épidémie d'ici à 2005".Haut de page

Le Président de la République française, Jacques Chirac, s'est dit "convaincu que la progression du sida n'était pas une fatalité insurmontable", il a réaffirmé l'objectif défendu par la France, consistant à obtenir que le Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose dispose, dans un cadre financier pluriannuel, de 3 milliards de dollars, l'Union européenne, les Etats-Unis et les autres donateurs apportant chacun un milliard de dollars par an.

Soulignant pour sa part que les Etats-Unis financent la moitié de tous les engagements en faveur de la lutte contre le VIH sida et soutient des programmes bilatéraux dans plus de 75 pays, le Secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, a rappelé qu'un programme de 15 milliards de dollars sur 5 ans a été voté par le Congrès en mai dernier et qu'il permettra à 2 millions de personnes dans 14 pays d'Afrique subsaharienne et des Caraïbes d'accéder à un traitement antirétroviral.

LE RAPPORT DE KOFI ANNAN

Kofi AnnanEn Afrique subsaharienne, seulement 1 % des 4,1 millions de personnes vivant avec le VIH et qui auraient besoin d'un traitement antirétroviral reçoivent des médicaments. Dans aucun pays de la région Asie-Pacifique cette proportion ne dépasse 5 %. Le rapport affirme que le rythme actuel des activités nationales sur le VIH/sida est insuffisant pour réaliser les objectifs fixés pour 2005.

A la fin de l'année 2002, l'Onusida estimait que 42 millions de personnes dans le monde étaient infectées par le VIH, pour l'essentiel dans les pays du tiers-monde, et que le pic de l'épidémie est encore largement devant nous. Le rapport souligne à quel point "le fardeau de l'épidémie continue à s'alourdir pour les femmes et les jeunes filles. En décembre 2002, les femmes représentaient 50 % de toutes les personnes vivant avec le VIH/sida dans l'ensemble du monde et 60 % en Afrique subsaharienne". Pourtant, près d'un tiers des pays "ne disposent pas de politiques donnant aux femmes l'égalité d'accès aux services essentiels de prévention et de prise en charge", ajoute le rapport.

Alors qu'elle est techniquement simple et peu onéreuse, la prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant est très insuffisante. Douze pays d'Afrique subsaharienne dont les taux de prévalence du VIH chez les nouveau-nés atteignent 25 % ne disposent pas d'un programme de prophylaxie.

Quatorze millions d'enfants de moins de 15 ans ont perdu au moins un de leurs parents, un chiffre qui devrait passer à 25 millions d'ici à 2010. Par ailleurs, dans les pays où la consommation de drogue intraveineuse est un mode important de transmission du VIH, moins de 5 % des toxicomanes injecteurs disposent des services de prévention recommandés.Haut de page

LES PROGRES FAITS DANS LA MISE EN UVRE DE LA DECLARATION D'ENGAGEMENT SUR LE VIH/SIDA

[Extraits du rapport Onusida ­ Kofi Annan, New York, septembre 2003]

Le présent rapport est soumis conformément au paragraphe 100 de la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida [résolution S-26/2 de l'Assemblée générale], adoptée par l'Assemblée à sa session extraordinaire consacrée au virus de l'immunodéficience humaine/syndrome d'immunodéficience acquise (VIH/sida) le 27 juin 2001. L'année 2003 est particulièrement importante dans la mesure où c'est la date à laquelle échoit le premier des objectifs assortis de délais fixés dans la Déclaration. Pour l'essentiel, il s'agit en 2003 de créer un environnement porteur susceptible de préparer le terrain aux objectifs fixés pour 2005 et 2010 en matière de programmes et de résultats.

Le rapport repose principalement sur les réponses de 100 Etats Membres concernant les 18 indicateurs mondiaux et nationaux établis par le Programme commun co-parrainé des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) pour mesurer les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de la Déclaration.

Les Etats qui ont répondu proviennent des régions suivantes : Afrique subsaharienne - 29; Asie et Pacifique - 15; Amérique latine et Caraïbes - 21; Europe orientale et Asie centrale - 13; Afrique du Nord et Moyen-Orient - 8; pays à revenu élevé - 14. Presque tous les pays durement touchés par le VIH/sida ont fourni des informations relatives aux grandes questions traitées par les indicateurs. Les activités décrites dans le rapport sont des exemples des mesures prises pour mettre en oeuvre la Déclaration et ne constituent pas une liste exhaustive.

D'importants progrès ont été réalisés dans l'action mondiale contre le VIH/sida depuis le premier rapport du Secrétaire général, en date du 12 août 2002 (A/57/227 et Corr.1). Pratiquement tous les pays durement touchés disposent maintenant de plans stratégiques multisectoriels de lutte contre le VIH/sida, ainsi que de conseils nationaux sur le sida, dont un grand nombre sont dirigés au plus haut niveau du gouvernement. Les ressources disponibles pour les programmes de lutte contre le VIH/sida à l'échelon des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire se sont rapidement accrues ces dernières années et devraient atteindre un montant total d'environ 4,7 milliards de dollars en 2003, lesHaut de page dépenses consacrées aux programmes internes, bilatéraux et multilatéraux y comprises. Ce chiffre demeure néanmoins inférieur de plus de la moitié au montant estimatif de 10,5 milliards de dollars dont on aurait besoin d'ici à 2005. Un nombre croissant mais encore limité de pays ont enregistré une réduction du nombre de personnes infectées chez les jeunes. De nombreux organes politiques régionaux se sont engagés dans la coopération transnationale en matière de lutte contre l'épidémie.

Toutefois, dans certains domaines importants, les problèmes posés par l'épidémie sont toujours aussi aigus. Dans les pays les plus touchés de l'Afrique subsaharienne, l'impact de l'épidémie devient de plus en plus alarmant et donne lieu à une corrélation mortelle entre l'insécurité alimentaire, le VIH/sida et l'affaiblissement des capacités institutionnelles. Peu de progrès ont été réalisés à travers le monde en matière de réduction du nombre de nouvelles personnes infectées par le virus et certains signes indiquent que le rythme de contamination au niveau mondial pourrait s'accélérer à mesure que l'épidémie s'étend en Asie et en Europe orientale. Malgré un renforcement des engagements politiques et des ressources en faveur de la lutte contre le VIH/sida, la situation mondiale serait la suivante :

a) Moins d'une personne sur quatre susceptibles d'êtres infectées peut obtenir des informations de base sur le VIH/sida;
b) Seule une personne sur neuf cherchant à savoir si elles sont ou non séropositives a accès à des services de conseil et de dépistage volontaires;
c) Moins d'une femme enceinte sur 20 se présentant pour des soins prénatals peut accéder à des services de prévention en matière de transmission du virus de la mère à l'enfant;
d) Moins de 5 % des personnes qui pourraient être traitées par antirétroviraux peuvent actuellement accéder à ce traitement;
e) Dans la majorité des pays où l'échange de seringues entre utilisateurs de drogues injectables constitue un des principaux modes de transmission du VIH, moins de 5 % de la population concernée est touchée par les programmes de prévention et de traitement.

Les femmes et les filles représentent actuellement la moitié des cas d'infection par le VIH dans le monde et 58 % des cas en Afrique. Certaines normes sociétales contribuent à les rendre plus vulnérables et leur font payer un tribut plus lourd face au VIH/sida.

A l'échelle mondiale, plus de 14 millions d'enfants âgés de moins de 16 ans ont perdu l'un de leurs parents ou les deux à cause du VIH/sida, dont 11 millions pour la seule région de l'Afrique subsaharienne. On constate que 39 % des pays ayant communiqué des informations, et dans lesquels l'épidémie s'est généralisée, ne disposent toujours pas de plans d'action nationaux visant les enfants rendus orphelins ou vulnérables par le VIH/sida.

Sources : Nations unies, New York, 22 septembre 2002, et journal Le Monde, Paris, 23 septembre 2003.
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