Santé et droits de l'homme

     Onusida

LES FICHES D’INFORMATION DU HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L’HOMME




SIDA 2004



2004 RAPPORT
Onusida - OMS


puceRiposter au sida
puceAperçu mondial de la pandémie
puceImpact du sida sur les personnes et les sociétés


NOVEMBRE 2004 / LE RAPPORT DU PROGRAMME DES NATIONS UNIES SUR LE VIH/SIDA
__I. Riposter au sida


Le sida est une crise d'une nature extraordinaire : il est à la fois une urgence et un problème de développement à long terme. Malgré l'augmentation du financement et de l'engagement politique, et les progrès accomplis pour élargir l'accès au traitement du VIH, l'épidémie de SIDA continue à avancer plus vite que la riposte mondiale. Aucune région du monde n'a été épargnée. L'épidémie reste très dynamique, et se développe en changeant de caractère au fur et à mesure que le virus exploite de nouvelles occasions de transmission.

Les taux d'infection se maintiennent à la hausse dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne. En 2003 seulement, on estime que 3 millions de personnes de la région ont été nouvellement infectées. De nouvelles épidémies semblent progresser sans frein dans d'autres régions, notamment en Europe orientale et en Asie - régions qui dans le monde connaissent les épidémies à la croissance la plus rapide.

Plus de 20 ans et 20 millions de décès après le premier diagnostic de sida en 1981, près de 38 millions de personnes (fourchette 34,6 - 42,3 millions) vivent avec le VIH. Bien que le remède semble introuvable, nous avons appris des leçons essentielles sur les actions les plus efficaces pour prévenir de nouvelles infections et améliorer la qualité de vie et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Des progrès importants sont intervenus, notamment la découverte des médicaments antirétroviraux.

Malgré ces signes de progrès, d'énormes problèmes devront être résolus pour inverser le cours de cette épidémie. Le financement s'est considérablement accru, mais il ne couvre encore que la moitié des besoins et les fonds ne sont pas toujours utilisés efficacement. Un grand nombre de leaders nationaux continuent à ne pas vouloir admettre l'impact du SIDA sur leurs populations et leurs sociétés.

Aujourd'hui nous sommes confrontés à des choix de vie et de mort. Sans une action de grande ampleur, l'épidémie mondiale continuera à devancer la riposte. Mais il existe une alternative : nous pouvons en commun élaborer des politiques fondées sur la science, et non sur la rhétorique politique, et nous lancer audacieusement dans une 'Nouvelle Donne' ­ un plan d'action pour l'avenir fondé sur des approches novatrices.

Quels sont les grands défis ?

Le caractère féminin de l'épidémie. Les femmes sont toujours davantage exposées à un risque élevé d'infection. En décembre 2003, les femmes représentaient près de 50 % de toutes les personnes vivant avec le VIH dans le monde, et 57 % en Afrique subsaharienne. Les femmes et les jeunes filles portent aussi la majeure partie du fardeau de l'épidémie; ce sont elles qui, selon toute probabilité, prendront soin des malades, perdront leur emploi, leurs revenus et leur chance de scolarité à la suite de la maladie et qui subiront la stigmatisation et la discrimination. Et il faut d'urgence s'attaquer aux nombreux facteurs qui contribuent à la vulnérabilité et au risque des femmes - les inégalités sexospécifiques et culturelles, la violence, l'ignorance.Haut de page

Les jeunes de 15 à 24 ans constituent la moitié de toutes les nouvelles infections à VIH dans le monde. Ils sont la génération de jeunes la plus nombreuse de l'histoire et ils ont besoin d'un environnement protecteur ­ une scolarité régulière, l'accès à des services de santé et de soutien ­ pour pouvoir jouer leur rôle essentiel dans le combat contre l'épidémie.

L'élargissement des programmes de traitement qui offrent des thérapies antirétrovirales en mesure de prolonger la vie. Seules 7 % des personnes qui ont besoin d'un traitement antirétroviral dans les pays en développement ont accès aux ARV - soit 400 000 à la fin de 2003. Les programmes doivent être de longue durée pour éviter l'apparition de souches du virus résistantes aux médicaments.

Plusieurs pays d'Afrique australe sont confrontés à des difficultés croissantes pour fournir les services publics vitaux qui sont essentiels à la riposte au SIDA. Les raisons de ces difficultés vont de la migration des effectifs qualifiés du secteur public au secteur privé et de la migration à l'étranger, à l'impact dévastateur de l'épidémie de sida elle-même.

L'élargissement des programmes de prévention qui actuellement ne touchent qu'une personne sur cinq exposées au risque d'infection à VIH. En 2003, dans les pays à faible et moyen revenus, une femme enceinte sur dix seulement a bénéficié de services de prévention de la transmission mère-enfant du VIH. Dans les pays à revenu élevé, on a privilégié les traitements au détriment de la prévention et on observe de ce fait pour la première fois depuis une décennie des augmentations de la transmission du VIH.

La lutte contre la stigmatisation et la discrimination. Elles entravent directement l'efficacité des ripostes au sida, empêchent les gens de faire un dépistage du VIH, font obstacle à l'utilisation du préservatif ou empêchent les mères allaitantes séropositives de protéger leurs bébés de l'infection, et refusent aux groupes marginalisés, comme les consommateurs de drogues injectables, la prise en charge et le soutien dont ils ont besoin.

S'occuper des orphelins laissés à l'abandon. Le sida a tué un des parents ou les deux de quelque 12 millions d'enfants en Afrique subsaharienne et un nombre beaucoup trop important d'entre eux ne sont pas correctement pris en charge.Haut de page

Financement du SIDA à l'échelle mondiale

En plus de fournir des données mondiales, régionales et nationales actualisées, le rapport présente de nouvelles estimations concernant les ressources nécessaires à l'échelle mondiale pour combattre efficacement l'épidémie dans le monde en développement. Pour la première fois, les estimations révisées reflètent les données recueillies auprès de 78 pays, dont un grand nombre sont en première ligne de l'épidémie de SIDA.

Bien que les dépenses mondiales sur le sida aient été multipliées par 15, de 300 millions de dollars en 1996 à un peu moins de 5 milliards de dollars en 2003, ce total couvre moins de la moitié des besoins estimés pour 2005 dans les pays en développement. Selon des estimations des coûts récemment révisées, quelque 12 milliards de dollars (estimations précédentes 10 milliards de dollars) seront nécessaires d'ici 2005 et 20 milliards de dollars d'ici 2007 pour la prévention et la prise en charge dans les pays à faible et moyen revenus.

Ces 20 milliards de dollars permettraient de fournir des antirétroviraux à un peu plus de 6 millions de personnes (plus de 4 millions en Afrique subsaharienne), d'aider 22 millions d'orphelins et d'offrir des services de conseil et de test volontaires à 100 millions d'adultes, une éducation sur le SIDA dans les écoles à 900 millions d'élèves et des services de conseil par les pairs à 60 millions de jeunes non scolarisés. Environ 43% de ces ressources seront nécessaires en Afrique subsaharienne, 28% en Asie, 17% en Amérique latine et aux Caraïbes, 9% en Europe orientale et 1% en Afrique du Nord et au Proche-Orient.

Le financement complet de la riposte au SIDA exigera un effort extraordinaire, qui ne pourra être fait en s'appuyant sur les budgets ordinaires des pays et du développement international actuellement prévus. Il faudra un leadership extraordinaire et l'utilisation de ressources encore inexploitées.

Rapport 2004 du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (Onusida), novembre 2004.

Haut de page