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LE RAPPORT ONUSIDA |
NATIONS UNIES, NOVEMBRE 2006 / LE RAPPORT ANNUEL DE ONUSIDA L'épidémie mondiale de sida a continué à progresser dans le monde en 2006, mais des signes encourageants apparaissent dans certains pays en ce qui concerne les comportements sexuels des jeunes, selon le rapport annuel de l'Onusida, intitulé : Le point sur l'épidémie de sida, publié le 21 novembre 2006, à Genève.
Chaque jour, 11'000 personnes sont contaminées par le virus, soit un total de 4,3 millions pour l'année (dont 2,8 millions en Afrique subsaharienne), c'est-à-dire 400'000 de plus qu'il y a deux ans. Les jeunes (15-24 ans) représentent 40% des nouvelles infections. Ces nouvelles infections concernent principalement les toxicomanes, les homosexuels masculins, les prostitué(e)s et leurs clients, ce qui rappelle qu'il est "nécessaire de cibler les stratégies de prévention de traitement et de prise en charge sur les groupes de la population les plus exposés", souligne le rapport. L'épidémie progresse surtout dans deux régions du monde : l'ancien bloc soviétique et l'Asie du Sud et du Sud-Est. En Europe orientale et Asie centrale, où l'épidémie se propage principalement via l'injection de drogue, les taux d'infection ont augmenté depuis 2004 de plus de 50%. En Asie du Sud et du Sud-Est, où la prostitution est le principal vecteur de la maladie, l'augmentation atteint 15% et le sida a contaminé au total 860'000 personnes cette année. En Afrique du Nord et Moyen-Orient, les contaminations ont progressé de 12% et de 7% en Afrique sub-saharienne, mais sont restées relativement stables dans le reste du monde. L'Afrique noire reste de loin la région la plus touchée par le virus, avec 63% des personnes infectées dans le monde et 72% des décès. Au total, 5,9% des adultes (15-49 ans) vivent avec le virus en Afrique. Kofi Annan : maîtriser l'épidémie Kofi Annan exhorte la communauté internationale à continuer le "combat pour maîtriser l'épidémie mondiale du SIDA". "Il y a plus que jamais des raisons d'avoir de l'espoir. Voyez comme les choses évoluent, comme le monde joint ses forces", a déclaré à Genève le secrétaire général des Nations unies, qui a été l'un des pionniers de la lutte contre le SIDA et qui en a fait une priorité personnelle au cours de ses deux mandats. L'accès aux traitements s'est considérablement accru ces dernières années. Deux millions d'années de vie ont été épargnées depuis 2002 dans les pays pauvres grâce à la fourniture de médicaments anti-rétroviraux. LE COMMUNIQUE DE L'AGENCE ONISIDA21 NOVEMBRE 2006 | GENEVE. L'épidémie mondiale de SIDA continue de croître et des données préoccupantes indiquent que certains pays voient repartir à la hausse des taux d'infection à VIH autrefois stables ou en déclin. Pourtant, des diminutions des taux d'infection s'observent également dans certains pays, ainsi que des tendances positives dans les comportements sexuels parmi les jeunes. Selon les derniers chiffres publiés aujourd'hui par
l'ONUSIDA/OMS dans Le point sur l'épidémie mondiale
de SIDA, on estime à 39,5 millions le nombre de personnes
vivant avec le VIH. Il y a eu 4,3 millions de nouvelles infections
en 2006, dont 2,8 millions (65%) en Afrique subsaharienne, et
d'importantes augmentations en Europe orientale et Asie centrale,
où les données indiquent que les taux d'infection
se sont élevés de plus de 50% depuis 2004. En
2006, 2,9 millions de personnes sont mortes de maladies liées
au SIDA. En Amérique du Nord et en Europe occidentale, les programmes de prévention du VIH n'ont souvent pas été maintenus et le nombre de nouvelles infections n'a pas changé. De même, dans les pays à faible et moyen revenus, on n'a que peu d'exemples de pays ayant vraiment réduit le nombre des nouvelles infections. Et dans certains pays qui avaient réussi à obtenir une diminution du nombre des nouvelles infections, comme en Ouganda, les progrès ont ralenti ou l'on constate aujourd'hui des taux d'infection en augmentation. "C'est très préoccupant - car nous savons que l'extension des programmes de prévention du VIH dans ces pays a montré que des progrès avaient été accomplis dans le passé - l'Ouganda en est l'exemple type. Ce qui signifie que les pays n'avancent pas à la même vitesse que leurs épidémies", a déclaré le directeur exécutif de l'ONUSIDA, le Dr Peter Piot. "En même temps que nous élargissons les programmes de traitement du VIH, nous devons intensifier considérablement les efforts de prévention qui sauvent des vies". La prévention du VIH marche, mais elle doit être focalisée et maintenue dans la durée De nouvelles données tirées du rapport montrent que les programmes élargis de prévention du VIH qui sont centrés sur les personnes les plus exposées au risque d'infection, et qui leur sont adaptés, font des percées. Des tendances positives en matière de comportements sexuels des jeunes - utilisation accrue du préservatif, début plus tardif de l'activité sexuelle, et diminution du nombre de partenaires - ont été observées au cours de la dernière décennie dans de nombreux pays où les épidémies sont généralisées. Entre 2000 et 2005, le déclin de la prévalence du VIH parmi les jeunes est évident au Botswana, au Burundi, en Côte d'Ivoire, au Kenya, au Malawi, en République-Unie de Tanzanie, au Rwanda et au Zimbabwe. Dans d'autres pays, des ressources même limitées ont permis d'obtenir des gains importants lorsque les investissements sont centrés sur les besoins des gens les plus exposés au risque de VIH. En Chine, on a des exemples de programmes à l'intention des professionnel(le)s du sexe qui ont conduit à une utilisation accrue du préservatif et à une diminution du taux des infections sexuellement transmissibles, et des programmes visant les consommateurs de drogues injectables montrent également que des progrès ont été réalisés dans certaines régions. Et au Portugal, les diagnostics de VIH parmi les personnes qui s'injectent des drogues ont diminué de près d'un tiers (31%) entre 2001 et 2005, à la suite de la mise en uvre de programmes de prévention spéciaux orientés sur le VIH et la consommation de drogues. Relever les défis : Connaître votre épidémie Dans de nombreux pays, les programmes de prévention
du VIH n'atteignent pas les individus les plus exposés
au risque d'infection, tels que les jeunes, les femmes et les
filles, les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes,
les professionnel(le) du sexe et leurs clients, les consommateurs
de drogues injectables, et les minorités ethniques et culturelles.
Le rapport souligne que la question des femmes et des filles au
sein de l'épidémie de SIDA doit faire l'objet d'une
attention accrue et sans faille. En Afrique subsaharienne
par exemple, les femmes continuent d'être plus exposées
que les hommes au risque de contracter l'infection à VIH
et dans la plupart des pays de la région ce sont aussi
elles qui devront s'occuper des personnes infectées par
le VIH. Selon le rapport, il est de plus en plus apparent que des flambées de VIH sévissent parmi les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes au Cambodge, en Chine, en Inde, au Népal, au Pakistan, en Thaïlande et au Viet Nam ainsi qu'à travers toute l'Amérique latine, mais la plupart des programmes nationaux de lutte contre le SIDA n'abordent pas les besoins spécifiques de ces personnes. De nouvelles données indiquent également que les programmes de prévention du VIH ne prennent pas en compte les chevauchements entre la consommation de drogues injectables et le commerce du sexe dans le cadre des épidémies d'Amérique latine, d'Europe orientale et particulièrement d'Asie. "Il est impératif que nous continuions à accroître les investissements à la fois dans les services de prévention du VIH et les services de traitement pour diminuer le nombre de décès et de maladies inutiles que provoque le SIDA", souligne le directeur général par intérim de l'OMS, le Dr Anders Nordström. "En Afrique subsaharienne, la région la plus durement touchée, l'espérance de vie à la naissance n'est actuellement que de 47 ans, soit 30 ans de moins que dans la plupart des pays à revenu élevé". Le point sur l'épidémie de SIDA évoque à quel point la faiblesse de la surveillance du VIH dans plusieurs régions, notamment en Amérique latine, aux Caraïbes, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, signifie souvent que les personnes les plus exposées au risque - hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, professionnel(le)s du sexe, et consommateurs de drogues injectables - ne sont pas atteintes de manière adéquate par les stratégies de prévention et de traitement du VIH car leur situation et leurs réalités particulières sont souvent mal perçues. Le rapport souligne également que le niveau des connaissances sur la sexualité sans risque et le VIH reste faible dans de nombreux pays, tout comme la perception du risque personnel. Même dans les pays où l'impact de l'épidémie est très élevé, comme en Afrique du Sud et au Swaziland, une forte proportion de la population ne pense pas être exposée au risque d'infection. "Le fait de connaître votre épidémie et de comprendre les mécanismes qui entraînent l'épidémie, tels que les inégalités entre hommes et femmes et l'homophobie, est absolument fondamental pour pouvoir riposter au SIDA sur le long terme. L'action ne doit pas seulement s'étendre de manière significative, mais elle doit être stratégique, focalisée et durable pour faire en sorte que l'argent atteigne ceux qui en ont le plus besoin", ajoute le Dr Piot.
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