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Textes de référence - 2005


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ALGERIE, 8 MAI 2005 / LA COMMEMORATION DES MASSACRES DECLENCHES LE 8 MAI 1945 DANS LA REGION DE SETIF
__Dans un texte sur les massacres de Sétif, le président Bouteflika réclame à la France "un geste qui libérerait [sa] conscience"

Des voix s'élèvent en Algérie, notamment au niveau officiel, pour que la France reconnaisse les "crimes" commis lors de la colonisation (1830-1962) et demande pardon aux Algériens avant la signature d'un "traité d'amitié" entre les deux pays.

Les appels algériens pour "un geste fort" de Paris ont été réitérés, le 6 mai 2005, lors de la commémoration des massacres déclenchés le 8 mai 1945 dans la région de Sétif (300 km à l'est d'Alger), où la répression par les forces coloniales de manifestations pro-indépendantistes et d'émeutes avaient fait des milliers de morts.

Le 8 mai 1945, à Sétif, des militants du Parti du peuple algérien se rassemblent pour réclamer la libération de leur dirigeant Messali Hadj. Cent deux Français sont tués. La répression qui s'ensuit est terrible : 10'000, 15'000, 20'000 morts ? le bilan exact ne sera jamais connu. Les émeutes de Sétif s'étendent à Guelma, puis dans tout le Constantinois.

L'occupation [française] a foulé la dignité humaine

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a fait lire par son ministre des anciens combattants, Mohammed Chérif Abbas, un long texte - "passionné et sans nuance", commente "Le Monde" - devant les participants à un colloque sur les "massacres du 8 mai 1945", qui s'est tenu à l'université Ferhat-Abbas de Sétif.

Le chef de l'Etat algérien n'y est pas allé par quatre chemins. "Les commandos de mort, écrit-il, à propos des auteurs des massacres commis à Sétif et dans sa région - qui ont fait, selon les sources, de 15'000 à 45'000 morts -, ont exécuté par centaines et milliers les citoyens sur les places publiques, stades et autres buissons. Les corps gisaient sur le sol, en proie aux animaux. Qui ne se souvient des fours de la honte installés par l'occupant dans la région de Guelma, au lieu-dit "El Hadj-Mebarek", devenu lieu de pèlerinage [...] Ces fours étaient identiques aux fours crématoires des nazis".

Et le président d'ajouter : "Nous ne pouvons oublier les centaines de massacres commis auparavant et les nombreux fours installés dans notre pays. Le four le plus célèbre est celui du mont Dahra, oeuvre des bourreaux Bugeaud et Pélissier. De telles pratiques se sont multipliées, notamment durant la deuxième moitié du XIXe siècle [...]. L'occupation a foulé la dignité humaine et commis l'innommable à l'encontre des droits humains fondamentaux [...] et adopté la voie de l'extermination et du génocide qui s'est inlassablement répétée durant son règne funeste".

La France : "une tragédie inexcusable"

Dans un geste inédit, le 27 février 2005, l'ambassadeur de France à Alger, Hubert Colin de Verdière, avait évoqué, à propos des massacres de Sétif, une "tragédie inexcusable" et regretté qu'un "abîme d'incompréhension entre les communautés" algérienne et française ait produit "cet enchaînement d'un climat de peur, de manifestations et de leur répression, d'assassinats et de massacres". L'hommage du diplomate français avait été perçu par la presse algérienne comme "un premier pas" vers "une repentance" de la France.Up

Abdelaziz Bouteflika a souligné que "le peuple algérien a accueilli favorablement les propos de son excellence l'ambassadeur de France [...]. Des propos qui laissaient croire à des tentatives de reconnaissance par les commanditaires et les auteurs des massacres du 8 mai 1945".

"Le peuple algérien n'a eu de cesse d'attendre de la France une reconnaissance de tous les actes commis durant la période de colonisation y compris la Guerre de Libération pour voir s'ouvrir de larges et nouvelles perspectives d'amitié et de coopération entre les deux peuples", a-t-il rappelé, alors que les deux pays doivent signer un "traité d'amitié" avant la fin 2005. En conclusion de son intervention, le président Bouteflika a demandé à la France "un geste qui libérerait [sa] conscience".

Etablir les faits par un "travail de vérité, de mémoire"

En réponse, le ministère français des Affaires étrangères a estimé que la France et l'Algérie devaient faire leur travail de mémoire dans le "respect mutuel" et dans un "souci de vérité". Le secrétaire d'Etat français aux Affaires étrangères, Renaud Muselier, en visite en Algérie, a estimé, le 11 mai 2005, qu'il convenait d'établir les faits par un "travail de vérité, de mémoire" avant de "s'exprimer de façon, claire, précise".

"Quand les faits seront établis, qualifiés, on pourra s'exprimer de façon, claire, précise, comme ça a pu se faire dans tous les conflits du monde avec des peuples qui ont fait la paix, sinon c'est pas possible", a-t-il dit.

En France, le Cercle pour la défense des combattants d'Afrique française du nord a justifié mercredi "la légitimité" du "rétablissement de l'ordre" en 1945 à Sétif. "La répression après le 8 mai s'est avérée nécessaire", a dit le Cercle, estimant que la "démarche vers une repentance serait non seulement humiliante pour la France", mais aussi "insultante pour les rapatriés, les anciens combattants et les Harkis".

ABDELAZIZ BOUTEFLIKA : "LE PEUPLE ALGERIEN ATTEND DE LA FRANCE UN GESTE QUI LIBERERAIT LA CONSCIENCE FRANÇAISE"

Abdelaziz BouteflikaLe président de la République algérienne, Abdelaziz Bouteflika, a adressé, le 6 mai 2005, un message aux participants au colloque international sur les massacres du 8 mai 45, organisé à l'université Ferhat Abbas, à Sétif, dans le cadre des festivités de commémoration du 60e anniversaire de ces massacres.

Au nom de Dieu, le clément, le miséricordieux,Up

Que le salut de Dieu soit sur son prophète, sa famille et ses compagnons.

L'histoire ne cesse de raviver la mémoire blessée en souvenir des massacres du 8 mai 1945, survenus il y a soixante ans et qui ont plongé le peuple algérien dans un bain de sang, lui ont ravi ses enfants et dilapidé ses biens, son seul tort ayant été d'être sorti dans la rue pour participer aux festivités marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale, une guerre destructrice et meurtrière, œuvre du nazisme et du fascisme et résultante de conflits d'intérêts et de courses d'influence entre les puissances de l'époque.

Dirigées par l'avant-garde du mouvement national, les masses populaires de notre pays avaient, à cette date, brandi des banderoles appelant l'Etat colonial français à honorer ses promesses de réformes et revendiquant la liberté et la souveraineté du pays et la libération des dirigeants détenus. Les manifestants ont également brandi les drapeaux des Etats qui ont vaincu le nazisme et le fascisme et libéré le monde de leurs atrocités.

Quoi qu'on dise du courant nationaliste en ce temps-là et sa responsabilité pour avoir appelé à ces manifestations qui se sont transformées par la suite en une sorte de soulèvement, toutes les données historiques et les témoignages vivants affirment le caractère pacifique des revendications et de la célébration de l'événement. Dès le 1er mai 45, les forces d'occupation avaient l'intention de perpétrer des massacres contre le peuple algérien, prenant appui sur la pseudo-provocation pour attiser le feu de la discorde, tirant sur les citoyens dans une manifestation pacifique tuant outrageusement un grand nombre d'innocents, provoquant ainsi la colère des masses populaires qui ont, cependant, su tempérer leur ardeur et calmer leurs frayeurs en ne répondant pas à la provocation.

Il n'a pas été prouvé que les organisateurs des manifestations dont le but était de fêter la victoire sur le nazisme et le fascisme avaient, au départ, recouru à la force, mais uniquement après que les ordres ont été donnés aux commandements des armées françaises d'ouvrir le feu, en utilisant les forces terrestres, navales et aériennes et incité les colons à réprimer les manifestants et à poursuivre les citoyens jusqu'aux villes, villages et autres hameaux.

Si les massacres les plus sanglants ont essentiellement touché de nombreux villages et villes à l'Est du pays, c'est que les organisateurs des manifestations ont voulu éviter l'épisode du 1er mai 45 dans d'autres villes et ont, de ce fait, épargné les régions où les forces d'occupation ont tué des manifestants notamment à Alger et Oran.Up

La manière avec laquelle l'Etat français a fait face à ces événements sur orientation de ses dirigeants dont le premier responsable d'alors, qui a soutenu que "la volonté de la France victorieuse ne tolère rien qui puisse nuire à sa souveraineté en Algérie", est somme toute barbare et traduit clairement le mépris de l'occupant pour la vie des Algériens et son dénigrement de leurs droits en les livrant à ses avions, ses chars et ses canons et en faisant d'eux des proies aux colons, comme dans une partie de chasse, n'épargnant ni grands ni petits, fussent-ils manifestants ou non.

Les commandos de la mort exécutaient par centaines et milliers les citoyens sur les places publiques, stades et autres buissons. Les corps gisaient sur le sol en proie aux animaux.

Qui ne se souvient des fours de la honte installés par l'occupant dans la région de Guelma au lieu-dit "El hadj Mebarek", devenu lieu de pèlerinage où la mémoire conte les secrets de la victime et du bourreau et des pratiques similaires à "kaf el bouma". Ces fours étaient identiques aux fours crématoires des nazis.

En parlant des massacres du 8 mai 45, nous ne pouvons oublier les centaines de massacres commis auparavant et les nombreux fours installés dans notre pays. Le four le plus célèbre est celui du mont Dahra, œuvre des bourreaux Bugeaud et Pélissier. De telles pratiques se sont multipliées, notamment durant la deuxième moitié du 19e siècle sans oublier les affres endurées par la population durant la guerre de Libération, l'ennemi ayant perfectionné ses moyens de torture, d'extermination et de destruction faisant de l'Algérie un gigantesque camp de la mort et de la torture ceint de fils barbelés et de champs de mines.

L'occupation a foulé la dignité humaine et commis l'innommable à l'encontre des droits humains fondamentaux et, au premier plan, le droit à le vie, et adopté la voie de l'extermination et du génocide, qui s'est inlassablement répétée durant son règne funeste.

Le paradoxe des massacres du 8 mai 45 est qu'au moment où les armées de combattants héroïques algériens revenaient des fronts d'Europe, d'Afrique et autres où elles défendaient l'honneur de la France et ses intérêts et œuvraient au sein des armées alliées à défendre les valeurs de la République et la liberté dans le monde et affrontaient la machine de guerre nazie, dans une guerre qui ne les concernait pas, l'administration française tirait, au même moment sur des manifestants pacifiques. En ces temps-là, l'armée française brûlait les villages et pillait les biens des enfants du peuple algérien qui n'ont connu que misère et famine durant les années de guerre du fait de la crise mondiale d'une part et de la domination des colons, la spoliation de leurs biens et la forte imposition qui leur était appliquée du fait des lois indigènes scélérates, d'autre part.

Les massacres du 8 Mai 45 étaient-ils la récompense des Algériens pour avoir défendu héroïquement la France, un héroïsme que l'histoire a retenu et que les historiens du colonisateur ont eux-mêmes reconnu ?Up

L'Etat français qui a essuyé un échec cuisant en quelques semaines devant le nazisme cherchait-il une victoire illusoire sur des innocents et des opprimés, afin de revigorer le moral de ses troupes qui était au plus bas et rétablir la confiance et la crédibilité perdues au sein de la société française entre résistants et collaborateurs avec les nazis ?

Ou bien était-ce le vrai visage de tout occupant et toute violation dans l'histoire quels qu'en soient les motivations et les objectifs, les époques et les lieux ?

En dépit de ce qui a été dit et écrit sur le sujet, nous pensons qu'il est de la responsabilité des historiens algériens en premier lieu et de la responsabilité des historiens de l'autre rive de dévoiler en toute objectivité, honnêteté et esprit scientifique et en toute neutralité, les ambiguïtés qui entourent ces massacres et d'autres.

Notre vision de réconciliation dans sa dimension prospective globale augure d'une décolonisation de l'histoire après la décolonisation de la terre de l'occupation directe.

Les peuples, selon la logique du développement sain, sont condamnés à coexister et à coopérer. La coexistence ne se réalise qu'avec la paix et cette paix repose sur des soubassements. La stabilité et la prospérité ne peuvent, en aucune manière, régner ni la coopération positive s'établir entre les peuples tant que dans la conscience d'une quelque partie que ce soit demeure la haine et la rancœur, alimentées par l'entêtement et l'indifférence, la dissimulation des vérités et l'obstination à demeurer dans l'erreur.

Cette méthode, qui refuse la vérité et la clarté, consacre le péché de l'assassinat de l'histoire par deux fois. Oui, son assassinat par deux fois.

Nous sommes une nation porteuse d'un message de paix. Nous sommes des partisans de la paix et des bâtisseurs de civilisation.

Grand est notre souhait de transcender ce passé dont nous avons été les victimes, oui les victimes. Nous voulons le transcender, nous voulons que les autres le transcendent avec nous en affrontant la vérité avec courage et sens de responsabilité et non par la fuite vers l'inconnu afin de donner les plus grandes chances possibles à un dialogue historique et civilisationnel. Un dialogue qui désamorce le champ des mines et fait disparaître à jamais les images de l'horreur et de l'atrocité.Up

Nul doute que la force engendre la force, que la frustration provoque l'implosion et que l'injustice mène à la révolte. Celui qui est en position de force peut réunir les conditions à même de créer un état de fait précis, ou une situation socio-économique telle qu'il la voudrait afin de changer un état donné dans un pays donné, mais il ne peut nullement prévoir les conséquences de telle ou telle situation. Ne dit-on pas : "qui mal veut, mal lui tourne" ?

Le peuple algérien a accueilli favorablement les propos de son Excellence l'ambassadeur de France, M. Hubert Colin de Verdière, le 27 février 2005 à l'université de Sétif à l'occasion de la signature d'un accord d'association entre l'université Clermont-Ferrand et l'université Ferhat Abbas à Sétif. Des propos qui laissaient croire à des tentatives de reconnaissance par les commanditaires et les auteurs des massacres du 8 Mai 1945.

Toutefois, le peuple algérien en entier attend encore de la France, qui a mis des décennies à reconnaître la Guerre d'Algérie et à stigmatiser les formes de torture pratiquées à l'époque - de l'aveu même de leurs auteurs y compris ceux qui ont jeté des civils dans la Seine en 1961 - que les déclarations de l'ambassadeur de France soient suivies d'un geste plus probant. Un geste qui libérerait la conscience française des cauchemars de la longue nuit coloniale et des remords du monde et effacerait ainsi cette tache noire dans le cours d'une histoire étincelante.

Le peuple algérien n'a eu de cesse d'attendre de la France une reconnaissance de tous les actes commis durant la période de colonisation, y compris la guerre de Libération, pour voir s'ouvrir de larges et nouvelles perspectives d'amitié et de coopération entre deux peuples. Des peuples qui se respectent et respectent les spécificités, l'identité, l'indépendance et la souveraineté de l'autre. Un respect dans lequel les intérêts mutuels sont réciproquement préservés.

C'est là une demande logique et réalisable comme en témoigne la démarche louable du pape Jean-Paul II et qui lui a valu davantage d'admiration. L'Italie en a fait de même en faveur de la Libye et de l'Ethiopie qui se sont vues restituer toutes les œuvres d'art et les pièces historiques spoliées.

La France elle-même s'est excusée par la voix du Président Jacques Chirac pour les dépassements de l'Etat français à l'époque sinistre de Vichy.

Plus évocateur encore, le cas de l'Afrique du Sud qui a réussi à assainir le climat entre le peuple africain, voire tous les peuples africains et la minorité blanche dont la mainmise était étendue sur toute la partie sud du continent.

Le peuple algérien qui a souffert des guerres et du colonialisme, connu l'immixtion étrangère et subi le chantage aussi bien direct qu'indirect, ce peuple qui a eu à vivre le drame du nouveau siècle, en endurant les affres d'un terrorisme barbare et qui a su, durant sa longue histoire, ancienne et moderne, faire preuve de courage et de persévérance, doit savoir que le prix de la renonciation au triomphe est plus cher que celui payé pour la consécration même de ce triomphe.Up

Aussi, la paix civile, l'entraide sociale et l'adaptation des mentalités à la culture de la paix et de la concorde, la libération sereine des esprits et l'évitement des dérapages et dangers, sont-ils l'option stratégique pour atteindre l'objectif de l'amnistie. Cette amnistie qui constitue aux yeux de tous l'arche salvatrice de Noé qui sauvera du naufrage certain.

Nous œuvrerons, avec l'aide de Dieu, à effacer les traces de cette sombre étape et à en éradiquer les racines grâce aux efforts de tous, les efforts des Algériennes et des Algériens. Nous nous devons d'accorder une importance toute particulière à l'étape de l'après-terrorisme, en étudiant ses causes sociales, économiques, morales et psychologiques, car les résultats ne peuvent être appréhendés sans connaissance des causes.

La paix à laquelle nous appelons n'est pas au détriment de la justice et la dignité, encore moins au détriment du progrès et de la prospérité mais c'est une paix qui consacre toutes ces valeurs, une paix émanant de la valeur intrinsèque dans toute sa dimension civilisationnelle qui dévoile la noblesse et la magnanimité propres à la nature de l'homme. L'homme, souverain qui a pu se libérer de l'injustice, de l'égoïsme et de l'arrogance et qui a su prendre conscience que son bonheur réside dans le bonheur de l'autre, et que son progrès économique et commercial, son bien-être social et sa souveraineté passent par le partage équitable avec son prochain.

Notre pays est appelé à connaître des échéances décisives et à ouvrir des chantiers qui seront, avec l'aide de Dieu, couronnés de succès.

La conscience qui doit caractériser le citoyen algérien, travailleur, fonctionnaire, cadre et responsable, même si elle existe déjà, doit prendre avec sérieux et sens de responsabilité cette réalité dans nos relations diverses à la fois entre nous et avec l'autre. Cette conscience doit également permettre de passer de la culture du possible, de l'éventuel et du probable à celle de la réalité concrète qui fera de nous une force, plus en mesure de maîtriser les rouages de la vie moderne en tant que partenaire économique compétent à tous les niveaux.

Le colonialisme ne doit pas, à mon sens, être intégré toujours dans la logique de la conspiration, mais plutôt dans celle de la faiblesse, de la passivité et même de la "colonisabilité" de certains.

En effet, ce qui est, à nos yeux, conspiration pourrait être perçu par l'autre comme projet de prospérité ou de consolidation de sa position géostratégique. Aussi, devons-nous, pour avoir, dans ce sens, une approche commune des concepts, des valeurs et des normes, réaliser l'équilibre de force avec l'autre au plan économique et scientifique. Il s'agit également de réaliser la force de la cohésion sociale sur la base de la citoyenneté, du respect mutuel, de la garantie des libertés, du respect du travail et de l'adhésion à l'esprit du siècle.

La noblesse, l'altruisme, la conscience des valeurs de liberté, de souveraineté, de fierté et de dignité, immortalisées par nos vaillants martyrs interpellent en nous le sens de la responsabilité et de la fidélité au serment, pour ne jamais renoncer à nos droits et nos devoirs.

J'implore Dieu le Tout-Puissant, d'accorder Sa Sainte Miséricorde à nos martyrs et de les accueillir en Son Vaste Paradis, d'accorder longue vie à nos moudjahidate et moudjahidine et de guider nos pas sur la voie de la réalisation de la gloire et la fierté de la nation.

Source : texte publié dans le quotidien El Moudjahid, Alger, 7 mai 2005. Le texte a été lu par Mohamed Chérif Abbas, ministre des Moudjahidine.
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