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Du 3 au 6 janvier 2005, une centaine d'imams et de rabbins entourés de personnalités venues du monde entier, se sont réunis à Bruxelles afin de "délégitimer toute forme de violence commise au nom de Dieu ou d'un principe religieux". La rencontre, organisée à l'initiative de la fondation laïque "Hommes de parole", annoncée à deux reprises en juin 2004 et janvier 2005 à Ifrane au Maroc, avant d'être accueillie dans la capitale belge, a reçu le parrainage de la monarchie marocaine et des autorités belges.
Pour Alain Michel, président d'Hommes de parole, il est temps de donner un coup d'arrêt à l'"instrumentalisation" du nom de Dieu à des fins de violence politique (la montée des fondamentalismes) et d'agir pour combattre "l'ignorance de l'autre, génératrice de la haine et du rejet". Plus largement, les représentants des communautés juives et musulmanes d'Afrique, d'Asie, d'Europe, du Moyen-Orient et d'Amérique, ont affirmé pendant ces quatre jours leur détermination à développer le dialogue la collaboration entre l'islam et le judaïsme. Le congrès s'est terminé sur l'engagement solennel des représentants religieux à poursuivre la voie du dialogue ouverte par cette rencontre, notamment par le biais d'actions concrètes. Ils se sont aussi engagés à ne plus être complices, par leur silence, des violences et exactions commises au nom de leurs religions. Chacun, dans sa communauté respective, s'est promis de transmettre un message de paix et à oeuvrer pour le rapprochement et le dialogue des communautés. "Pourquoi ne disons-nous rien des décapitations d'otages au nom de Dieu en Irak ?", se sont s'interrogés des représentants musulmans. "Pourquoi restons-nous muets devant les attaques israéliennes tuant des familles palestiniennes ?", ont répondu en écho des rabbins. Un comité d'alerte permanentAprès lecture de la Déclaration commune dans les quatre langues du Congrès (français, anglais, arabe, hébreu), c'est sur une image pleine d'émotion de rabbins et d'imams se tenant la main que s'est achevée la rencontre, augurant des perspectives de fraternité et de partenariat que tous ont à cur de promouvoir ensemble. S'est ainsi crée un comité permanent d'imams et de rabbins, élargi aux chrétiens, qui sera chargé de condamner publiquement tous les actes islamophobes, antisémites ou de racisme quels qu'ils soient et partout dans le monde, mais également d'initier et de coordonner des actions concrètes reposant sur les principes de la déclaration finale du congrès. Cette idée figure dans la déclaration finale, à côté d'appels récusant "la haine et l'ignorance", défendant le respect de "la vie humaine en toutes circonstances", les droits de l'homme, "pour tous les hommes, les femmes et tous les peuples". [logo Le Monde] LA DECLARATION FINALE Nous, dirigeants religieux, Imams et Rabbins, représentants des communautés Musulmanes et Juives du monde entier, réunis pour le Premier Congrès Mondial des Imams et Rabbins pour la Paix, déclarons notre engagement à uvrer pour mettre fin aux effusions de sang et aux attaques à l'encontre d'êtres humains innocents, qui violent le droit à la vie et à la dignité donnés à tout être humain par le Tout Puissant. 1. Nous faisons appel à tous pour combattre la haine, l'ignorance ainsi que leurs causes et à construire ensemble un monde de paix, riche de sa diversité, dans lequel toutes les fois et leurs pratiques seront respectées et protégées. 2. Nous appelons les dirigeants politiques de tous les peuples à travailler à des solutions de paix justes et durables partout sur la planète, et en particulier en Terre Sainte, pour le bien de tous les peuples et des communautés de foi qui y vivent et pour qui cette terre est chère. 3. Nous nous engageons à poursuivre une quête commune en faveur des Droits de l'Homme, pour tous les hommes, les femmes et tous les peuples ; droits sans lesquels aucune paix n'est possible. 4. Nous appelons tous les dirigeants religieux des congrégations juives et musulmanes du monde entier, à adresser régulièrement à leurs communautés des sermons et des messages sur l'importance du respect interreligieux et du respect de la vie humaine en toute circonstance. 5. Nous annonçons l'établissement d'un comité conjoint permanent dont le rôle sera d'aider à la mise en place de l'ensemble de ces engagements et de proposer régulièrement un programme d'initiatives qui s'accordent avec l'ensemble des propositions présentées lors du congrès - et qui s'inscrivent dans son esprit - pour le bien-être de tous les peuples. Palais d'Egmont, Bruxelles, le 6 janvier 2005. Sources : quotidien "Le Monde", Paris, 5 et 6 janvier 2005; site web de la fondation "Hommes de parole" [www.hommesdeparole.org]. |