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ARABIE SAOUDITE, FEVRIER 2005 / CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LE TERRORISME
__Kofi Annan : "Chaque fois que nous prenons parti pour les droits de lhomme et les libertés fondamentales, nous prenons parti contre le terrorisme"
A l'occasion de la Conférence internationale sur
le terrorisme organisée par l'Arabie saoudite, du 5
au 8 févier 2005, à Riyad, le secrétaire
général des Nations unies, Kofi Annan, a
transmis un message pour rappeler que tous les Etats ont le devoir
de protéger les droits fondamentaux des hommes et des femmes
pour combattre le terrorisme et "d'écouter toutes
les voix qui s'expriment dans les pays musulmans", où
il fallait "faire échec à une vision fausse
de l'Islam".
"En vous réunissant ici, dans le berceau de l'Islam,
et en un lieu qui a lui-même, récemment, été
victime d'actes de terrorisme d'une odieuse violence, vous dites
haut et fort que le terrorisme est une menace pour tous les pays
civilisés, et une abomination pour toutes les religions",
a déclaré Kofi Annan, dans un message prononcé
par Javier Rupérez, directeur exécutif du Comité
contre le terrorisme.
Il a rappelé que "tous les Etats doivent bien faire
comprendre qu'aucune cause, quelle qu'elle soit, ne justifie que
l'on s'en prenne délibérément à des
civils et à des non-combattants". "Pour les pays
musulmans, c'est un principe doublement important : non seulement
parce que leurs citoyens doivent être protégés
contre les atrocités du type de celles qu'ont connues Riyad
et beaucoup d'autres villes du monde islamique, mais aussi parce
qu'il faut absolument faire échec à une vision fausse
de l'Islam propagée par quelques esprits malfaisants",
a-t-il affirmé.
"Ceux qui affirment à tort que l'Islam préconise le meurtre d'innocents ternissent l'image de cette riche et ancienne religion. Ils nuisent aussi à des causes légitimes chères au cur de nombreux Musulmans. Les gouvernements et les responsables religieux du monde islamique doivent donc veiller à clamer bien haut leur condamnation du terrorisme, chez eux et ailleurs", a souligné Kofi Annan. S'ils ont le droit de se faire entendre, a-t-il ajouté, il ont aussi "le devoir d'écouter toutes les voix qui s'expriment dans le monde islamique".
"Chaque fois que nous prenons parti pour les droits de
l'homme et les libertés fondamentales, nous prenons parti
contre le terrorisme. Chaque fois que nous faisons ce qu'il faut
pour régler un différend politique, nous faisons
ce qu'il faut pour vaincre le terrorisme. Et chaque fois que nous
renforçons l'Etat de droit, nous affaiblissons d'autant
les terroristes", a rappelé le secrétaire général
des Nations unies, qui a qualifié "les activités
que mène l'Organisation des Nations unies pour régler
les conflits, combattre la pauvreté et défendre
les droits et libertés des hommes et des femmes du monde
entier" de "partie intégrante du combat mondial
contre le terrorisme".
"Et, pour aller plus loin", a proposé Kofi
Annan, "je crois que [tous les Etats] devraient,
tous ensemble, adopter une convention globale contre le terrorisme
fondée sur une définition du phénomène
qui rende absolument inacceptable toute attaque dirigée
contre des civils ou des non-combattants".
LE MESSAGE DE KOFI ANNAN
Texte du message du secrétaire général
des Nations unies, Kofi Annan, prononcé par Javier
Rupérez, Directeur exécutif du Comité contre
le terrorisme, au cours de la Conférence internationale
contre le terrorisme tenue à Riyadh, du 5 au 8 février
2005.
Je remercie le Royaume d'Arabie saoudite d'avoir réuni
ici des représentants du monde islamique et non islamique
pour examiner la menace que pose le terrorisme et les moyens de
le contrer. En vous réunissant ici, dans le berceau de
l'Islam, et en un lieu qui a lui-même, récemment,
été victime d'actes de terrorisme d'une odieuse
violence, vous dites haut et fort que le terrorisme est une menace
pour tous les pays civilisés, et une abomination pour toutes
les religions.
Tous les Etats doivent bien faire comprendre qu'aucune
cause, quelle qu'elle soit, ne justifie que l'on s'en
prenne délibérément à des civils et
à des non-combattants. Pour les pays musulmans, c'est un principe doublement important : non seulement parce que leurs citoyens doivent être protégés contre les atrocités du type de celles qu'ont connues Riyadh et beaucoup d'autres villes du monde islamique, mais aussi parce qu'il faut absolument faire échec à une vision fausse de l'Islam propagée par quelques esprits malfaisants. Ceux qui affirment à tort que l'Islam préconise le meurtre d'innocents ternissent l'image de cette riche et ancienne religion. Ils nuisent aussi à des causes légitimes chères au cur de nombreux Musulmans. Les gouvernements et les responsables
religieux du monde islamique doivent donc veiller à clamer
bien haut leur condamnation du terrorisme, chez eux et ailleurs.
Tous les Etats ont le devoir de se faire entendre, mais ils
ont aussi celui d'écouter toutes les voix qui s'expriment
dans le monde islamique. Nombreuses sont celles qui nous disent
que nous ne pourrons avoir raison du terrorisme en nous contentant
de geler des comptes bancaires, de partager des renseignements
ou de traduire les terroristes en justice. Nombreuses sont celles
qui nous disent qu'il faut réagir d'urgence face au désespoir
et à la colère des citoyens ordinaires, épris
de paix, que les terroristes exploitent sans vergogne. Les gens
doivent avoir le sentiment qu'il y a des remèdes pacifiques
à leurs griefs légitimes. Leurs libertés
fondamentales doivent être respectées par ceux qui
combattent les groupes terroristes. Et ils doivent avoir l'impression que les choses évoluent pour le mieux, vers plus de justice, dans leur société. Sinon, ils ne se joindront peut-être pas à nous - comme nous avons besoin qu'ils le fassent - pour condamner et combattre ceux qui usent de moyens violents et illégaux pour parvenir à leurs fins. Chaque fois que nous prenons parti pour les droits de l'homme et les libertés fondamentales, nous prenons parti contre le terrorisme. Chaque fois que nous faisons ce qu'il faut pour régler un différend politique, nous faisons ce qu'il faut pour vaincre le terrorisme. Et chaque fois que nous renforçons l'Etat de droit, nous affaiblissons d'autant les terroristes.
C'est pourquoi tous les Etats doivent fonder leurs stratégies
de lutte contre le terrorisme non seulement sur des mesures coercitives,
mais aussi sur d'autres types d'intervention. Ils doivent agir
dans leur pays et unir leurs forces, au niveau mondial, pour s'attaquer
aux causes profondes du problème, renforcer l'Etat de droit
et faire respecter les droits de l'homme. Les activités
que mène l'Organisation des Nations unies pour régler
les conflits, combattre la pauvreté et défendre
les droits et libertés des hommes et des femmes du monde
entier font donc partie intégrante du combat mondial contre
le terrorisme. Tous les Etats doivent aussi s'acquitter des obligations
que leur imposent les décisions contraignantes du Conseil
de sécurité en matière de lutte antiterroriste.
Et, pour aller plus loin, je crois qu'ils devraient, tous ensemble,
adopter une convention globale contre le terrorisme fondée
sur une définition du phénomène qui rende
absolument inacceptable toute attaque dirigée contre des
civils ou des non-combattants. Ainsi que l'indique le rapport
récemment publié par le Groupe de personnalités
de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement,
ces éléments devraient être intégrés
avec d'autres dans une stratégie globale des Nations unies
pour la lutte contre le terrorisme. Je compte présenter
prochainement un projet allant dans ce sens.
Que tous les terroristes et tous les groupes terroristes entendent
le même message des gouvernements et des organisations internationales
du monde entier : nous dénonçons vos crimes. Ensemble,
nous vous poursuivrons dans vos derniers retranchements. Et nous
édifierons un monde de justice dans lequel le terrorisme
n'aura aucun attrait, et aucune place.
Source : Nations unies, New York, février 2005.
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