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MUNICH, 13 FEVRIER 2005 / LE PROJET DE REFORME DU SYSTEME DES NATIONS UNIES
__Kofi Annan dévoile son programme de réforme du système de sécurité internationale, "le plus ambitieux qui ait jamais été proposé depuis la création de l'Organisation [des Nations unies] en 1945"
"L'environnement mondial en matière de sécurité
s'est transformé et notre système international
de sécurité collective, y compris l'Organisation
des Nations Unies, doit être aussi changé",
a déclaré Kofi Annan dans un discours de
référence, intitulé "Un monde plus sûr
: le futur rôle de l'Organisation des Nations Unies",
prononcé le 13 février 2005, à Munich,
lors de la 41e Conférence sur la sécurité.
Dans son allocution, il a confirmé qu'il présenterait
aux Etats Membres, en mars, son rapport sur la sécurité
collective, "le programme de réforme du système
de sécurité internationale le plus ambitieux qui
ait jamais été proposé depuis la création
de l'Organisation en 1945". Il a indiqué que "ce
rapport s'inspirerait largement des recommandations faites par
les 16 membres qui composent le Groupe de personnalités
de haut niveau" dans un rapport intitulé "Un
monde plus sûr : notre affaire à tous".
Le secrétaire général des Nations unies
propose de "renforcer nos systèmes de défense
collective, afin de faire en sorte que les menaces lointaines
ne deviennent pas imminentes et que les menaces imminentes ne
se concrétisent pas" et d'"enrayer la menace
de la prolifération nucléaire".
Pour cela, il souhaite des règles plus strictes d'inspection des installations nucléaires, des mesures d'incitation aux Etats qui renonceraient à leurs installations d'enrichissement et de retraitement de l'uranium, un traité de limitation de la production de manières fissiles, un calendrier plus serré pour la mise en uvre de l'Initiative mondiale de réduction de la menace nucléaire, une participation plus large à l'Initiative de sécurité contre la prolifération, une coopération plus étroite entre l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et le Conseil de sécurité, ainsi que des mesures concrètes de désarmement.
Kofi Annan, qui approuve le fait que le Groupe ait pu se mettre
d'accord sur une définition du terrorisme, recommande aux
Etats d'utiliser cette définition pour finaliser et adopter
une Convention globale contre le terrorisme, dans laquelle
il serait clairement affirmé qu'il est totalement inacceptable
de prendre pour cible des civils ou des non-combattants.
Concernant le recours à la force, il a rappelé
que le Groupe ne voyait pas la nécessité d'amender
l'article 51 de la Charte des Nations unies qui affirme le droit
de légitime défense de tous les Etats contre une
agression armée, y compris le droit d'agir par anticipation
en cas de menace imminente.
"Toutefois, comme le Groupe l'a souligné",
reconnaît-il, "certaines menaces qui ne sont pas imminentes
peuvent se matérialiser pratiquement du jour au lendemain
et se transformer en scénarios catastrophes si les mesures
nécessaires ne sont pas prises. Le Conseil de sécurité,
qui est pleinement habilité par la Charte à faire
ces menaces, doit être prêt à s'acquitter de
cette mission".
Pour le secrétaire général comme pour
le Groupe de personnalités, "les Etats souverains
ont autant de responsabilités que de droits - dont
la responsabilité de protéger leurs citoyens contre
le génocide ou d'autres atrocités commises à
grande échelle". "Lorsque les Etats n'assument
pas leurs responsabilités, le Conseil de sécurité
doit se tenir prêt à les assumer - y compris, si
nécessaire, en autorisant le recours à la force".
Enfin, Kofi Annan appuie la création d'un nouvel organe
intergouvernemental au sein des Nations Unies : une Commission
de consolidation de la paix qui constituera "une tribune
de concertation et d'action permettant d'arrêter une stratégie,
de définir des orientations, de mobiliser des ressources
et de coordonner l'action de toutes les parties concernées".
LE DISCOURS DE KOFI ANNAN A LA 41E CONFERENCE DE MUNICH SUR LA SECURITE / "UN MONDE PLUS SUR : LE ROLE FUTUR DE L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES"
Texte du discours du secrétaire général
des Nations unies, Kofi Annan, à la 41e Conférence
de Munich sur la sécurité, le 13 févier
2005.
Merci beaucoup, Monsieur Teltschik, de m'avoir invité
à prendre la parole devant cette illustre assemblée,
qui joue depuis longtemps un rôle de premier plan dans le
débat sur la sécurité internationale. Je
suis le premier secrétaire général de l'Organisation
des Nations Unies à m'adresser à cette conférence
et j'en suis très honoré.
Quiconque observe la situation de la sécurité
mondiale aujourd'hui peut constater que les problèmes qui
se posent sont redoutables. Mais il y a aussi des signes d'espoir
dans la quête incessante des hommes pour la paix.
Les ennemis d'hier ont accepté de partager le pouvoir
au Soudan. Israéliens et Palestiniens
se sont engagés à respecter un cessez-le-feu.
Le peuple afghan a pris son destin en main. Et le peuple
irakien, meurtri mais la tête haute, a commencé
sa longue marche vers l'autodétermination.
Un Irak stable et démocratique, en paix avec
lui-même et avec ses voisins, est crucial - pour
les Iraquiens bien sûr, mais aussi pour la région
et pour l'ensemble de la communauté internationale. L'Organisation
des Nations Unies doit jouer pleinement son rôle pour l'aider
à atteindre cet objectif. Nous sommes fiers d'avoir pu
aider les Irakiens à organiser l'élection qui s'est
tenue récemment. Et nous sommes déterminés
à les aider à franchir les prochaines étapes
de la transition, qui seront décisives.
La clef du succès sera d'assurer la participation sans
exclusive de tous les groupes de population. L'Organisation a
déjà entamé un dialogue avec les groupes
- principalement les Arabes sunnites - qui, pour une raison ou
une autre, n'ont pas participé aux élections, mais
sont prêts à poursuivre leurs objectifs de façon
pacifique.
Nous sommes également prêts, si les Irakiens nous
le demandent, à leur fournir toute l'assistance technique
que nous pourrons - qu'il s'agisse de leur donner des conseils
pour rédiger la Constitution ou de les aider à organiser
le référendum par lequel ils l'approuveront et les
élections parlementaires qui suivront. Pendant ce temps,
23 organismes, fonds et programmes des Nations unies s'efforcent
de coordonner l'aide internationale et d'aider à la reconstruction
du pays.
Je me réjouis des efforts que font des alliés
de longue date pour consolider, ensemble, la paix fragile qui
se dessine en Irak. Mais je voudrais aujourd'hui demander à
l'Europe et à l'Amérique de faire quelque chose
de plus cette année : penser à l'avenir et aider
à jeter les bases d'un système de sécurité
collective durable dans le monde.
[En mars 2005], je présenterai aux Etats Membres
de l'Organisation des Nations Unies le programme de réforme
du système de sécurité internationale
le plus ambitieux qui ait jamais été proposé
depuis la création de l'Organisation en 1945. Mon rapport
s'inspirera largement des recommandations faites par les 16 femmes
et hommes éminents qui composaient le Groupe de personnalités
de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement.
J'ai le grand plaisir de saluer et de remercier une fois de plus
mon cher ami Brent Scowcroft, une des personnalités éminentes
de ce Groupe, qui est ici aujourd'hui.
Leur message est simple: l'environnement mondial en matière
de sécurité s'est transformé et notre
système international de sécurité collective,
y compris l'Organisation des Nations Unies, doit aussi
changer.
Nous savons tous que les menaces peuvent aujourd'hui franchir
les frontières à la vitesse de l'éclair et
surgir au moment où on s'y attend le moins. Mais ce que
nous réalisons moins bien, c'est à quel point nous
sommes mutuellement vulnérables :
ainsi, un attentat terroriste à l'arme
nucléaire qui frapperait New York, Londres, Paris ou
Berlin ferait immédiatement des centaines de milliers de
morts. Mais l'économie mondiale s'en trouverait aussi dévastée,
et des millions de personnes dans les pays en développement
sombreraient dans la misère;
une nouvelle maladie mortelle apparaissant
dans un pays pourrait être propagée en quelques heures
aux quatre coins du globe par des voyageurs aériens qui
ne s'en rendraient même pas compte;
un pays en proie à la guerre civile peut
déstabiliser des régions entières, enflammer
les populations, servir de refuge aux terroristes et aux membres
de réseaux criminels et hâter la propagation des
maladies; et
le fait de laisser impunis les auteurs de crimes abominables
ne fait qu'encourager la perpétration d'autres atrocités.
Aussi, dans cette époque d'interdépendance, nous devons cesser de penser que certaines menaces ne concernent que certains d'entre nous. Nous sommes tous responsables de la sécurité de chacun et nous devons uvrer tous ensemble à bâtir un monde plus sûr. En fait, en renforçant la sécurité des autres, nous assurons notre propre protection.
Pour réaliser cet objectif, je pense que nous devons
agir dans quatre domaines.
Tout d'abord, nous devons renforcer nos systèmes
de défense collective, afin de faire en sorte que les menaces
lointaines ne deviennent pas imminentes et que les menaces imminentes
ne se concrétisent pas.
Prenons la menace de prolifération nucléaire.
Pendant des décennies, le Traité de non-prolifération
nucléaire a empêché une prolifération
nucléaire en chaîne. Mais si nous ne prenons pas
de nouvelles mesures maintenant, nous risquons d'avoir à
faire face à une telle prolifération en chaîne
d'ici peu. Le Groupe de personnalités de haut niveau a
formulé de nombreuses recommandations à cet effet,
dont:
des règles d'inspection plus strictes;
des mesures d'incitation aux Etats qui renonceraient à leurs installations d'enrichissement et de retraitement de l'uranium;
un traité de limitation de la production de matières fissiles;
un délai plus court de mise en uvre de l'Initiative mondiale de réduction de la menace nucléaire;
une plus large participation à l'initiative de sécurité et de lutte contre la prolifération;
une coopération plus étroite entre l'AIEA et le Conseil de sécurité; et
des mesures concrètes de désarmement.
Les Etats Membres doivent trouver la volonté politique
d'agir pour renforcer le régime de non-prolifération.
L'Organisation des Nations Unies doit utiliser au mieux
sa capacité de rassembler, sa compétence normative
et sa dimension universelle pour lutter contre le terrorisme.
[En mars 2005], à Madrid, j'ai l'intention de présenter
une stratégie de lutte antiterroriste pour l'Organisation.
Le Groupe de personnalités recommande qu'un fonds d'affectation
spéciale soit créé pour aider les Etats Membres
à remplir les obligations qui leur sont imposées
par le Conseil de sécurité en matière de
lutte antiterroriste, et que l'ONU leur apporte une plus grande
assistance en la matière.
L'Organisation des Nations Unies ne doit tolérer aucun
acte de terrorisme, quel qu'il soit, et quelles que soient les
raisons invoquées. Le Groupe a pu se mettre d'accord sur
une définition du terrorisme - ce que les Etats Membres
n'avaient pas réussi à faire jusqu'à présent.
Les Etats doivent maintenant utiliser cette définition
pour achever de mettre au point et adopter une convention globale
contre le terrorisme, dans laquelle il sera clairement affirmé
qu'il est totalement inacceptable de prendre pour cible des civils
ou des non-combattants.
Nous devons aussi prendre beaucoup plus au sérieux
la question de la sécurité biologique. Comme
le rapport du Groupe le montre, des terroristes pourraient assez
facilement tuer des milliers de gens à l'aide d'agents
comme l'anthrax ou le virus de la variole. Nous avons vu avec
le SRAS à quelle vitesse une maladie infectieuse pouvait
se propager. N'attendons pas que le pire se produise pour prendre
ensemble des mesures préventives. J'encourage le Conseil
de sécurité à commencer à travailler
dès maintenant, en liaison avec l'Organisation mondiale
de la santé, pour renforcer les mécanismes mondiaux
de santé publique.
En deuxième lieu, lorsque la prévention
échoue et que les moyens pacifiques s'épuisent,
nous pouvons être amenés à envisager le recours
à la force.
La décision de recourir à la force n'est jamais
aisée. C'est l'une des décisions les plus graves
qui puissent être prises. Le Groupe a proposé une
démarche qui devrait aider tous les Etats et le Conseil
de sécurité à étudier ces décisions
et leurs conséquences et à parvenir à un
consensus.
Le Groupe ne voit pas la nécessité d'amender
l'Article 51 de la Charte des Nations Unies, qui affirme le droit
de légitime défense de tous les Etats contre une
agression armée. La plupart des juristes admettent qu'au
sens de cet article les Etats ont aussi le droit d'agir par anticipation
en cas de menace imminente.
Toutefois, comme le Groupe le fait observer, certaines menaces,
qui, aujourd'hui, ne sont pas imminentes, peuvent se matérialiser
pratiquement du jour au lendemain et se transformer en scénarios
catastrophes si les mesures nécessaires ne sont pas
prises. Le Conseil de sécurité, qui est pleinement
habilité par la Charte à faire face à ces
menaces, doit être prêt à s'acquitter de cette
mission.
Nous devons aussi nous rappeler que la souveraineté
des Etats comporte à la fois des responsabilités
et des droits - dont la responsabilité de protéger
les citoyens contre le génocide ou d'autres atrocités
commises à grande échelle. Lorsque les Etats n'assument
pas leurs responsabilités, le Conseil de sécurité
doit être disposé à se substituer à
eux, y compris, si nécessaire, en autorisant le recours
à la force pour sauver des vies innocentes. Je me félicite
donc du fait que le rapport mette l'accent sur la responsabilité
en matière de protection. Je crois que les Etats Membres
devraient adhérer à ce principe soigneusement formulé
et que le Conseil de sécurité devrait prendre les
dispositions nécessaires.
Troisièmement, nous devons nous doter des
outils collectifs dont nous avons besoin pour instaurer une paix
durable dans les zones ravagées par la guerre - tâche
à laquelle s'attellent aujourd'hui l'Organisation des Nations
Unies et les organisations régionales dans nombre de pays.
Les résultats que nous obtenons en matière d'instauration
de la paix sont de fait mitigés. La moitié des guerres
civiles qui semblent avoir trouvé leur règlement
dans des accords de paix refont tragiquement surface au bout de
cinq ans. Afin d'aider la communauté internationale à
mener à bien cette mission vitale, le Groupe recommande
la création d'un nouvel organe intergouvernemental au sein
des Nations Unies - la Commission de consolidation de la paix.
La Commission offrira aux Etats Membres, aux institutions financières
internationales, aux organisations régionales, aux pays
donateurs, aux Etats fournissant des contingents et aux pays qui
bénéficient d'une assistance une tribune de concertation
et d'action permettant d'arrêter une stratégie, de
définir des orientations, de mobiliser des ressources et
de coordonner l'action de toutes les parties concernées.
D'autre part, il convient de renforcer la capacité opérationnelle
de l'Organisation des Nations Unies pour lui permettre de suppléer
la défaillance des Etats. Aujourd'hui, l'Organisation
a déployé plus de 75'000 personnes sur quatre continents,
dans le cadre de 18 opérations de paix, tandis qu'une dix-neuvième
opération est en préparation pour le Soudan.
Nos ressources sont sollicitées à l'extrême.
De fait, dans un avenir prévisible, la demande mondiale
dépassera la capacité d'intervention des Nations
unies, étant donné, notamment, que seulement un
cinquième de nos effectifs en uniforme provient des pays
développés.
Pour corriger cette situation, le Groupe préconise
ce qui suit :
les pays développés devraient s'employer davantage à transformer leurs forces actuelles en contingents adaptés à des opérations de paix;
il conviendrait de renforcer les stocks stratégiques pour déploiement rapide, les arrangements relatifs aux forces en attente, les fonds d'affectation spéciale et la capacité de police civile de l'ONU;
l'Organisation des Nations Unies et les organisations régionales devraient coopérer plus étroitement en vue de se répartir les tâches et de se renforcer mutuellement.
Il ne s'agit pas là de questions abstraites ou purement
intellectuelles. Voyez la situation qui règne aujourd'hui
au Soudan. Pendant des années, des millions de personnes
y ont perdu la vie en raison du conflit entre le nord et le sud
du pays. Dans des conditions particulièrement difficiles,
l'ONU s'apprête à déployer une opération
de maintien de la paix dans le sud, afin d'appuyer l'accord de
paix récemment conclu.
Au Darfour, une commission d'enquête des Nations
Unies a établi, [en janvier 2005], que la population civile
avait été victime de crimes de guerre, qui pourraient
bien constituer des crimes contre l'humanité. Le Conseil
de sécurité étudie à présent
les dispositions à prendre pour veiller à ce que
les auteurs de ces actes répondent de leurs crimes. Je
rends hommage à l'Union africaine pour avoir pris l'initiative
de déployer des forces de maintien de la paix au Darfour.
Il reste que, même avec l'aide de l'ONU, de l'Union européenne,
des Etats-Unis et d'autres donateurs, les capacités de
l'Union africaine en matière de sécurité
restent dérisoires au regard de l'ampleur du problème.
Et chaque jour qui passe voit mourir des personnes dont nous n'avons
pas assuré la protection.
Des mesures supplémentaires doivent être prises
d'urgence. Les organisations qui disposent de capacités
réelles - comme l'OTAN et l'Union européenne qui
sont largement représentées dans cette conférence
- doivent réfléchir sérieusement à
l'aide concrète qu'elles peuvent apporter pour mettre fin
à cette tragédie. Nous devons travailler ensemble,
en étroite coopération, et établir une stratégie
efficace pour mettre fin aux tueries et protéger les plus
vulnérables. Ce serait abandonner les populations du Darfour
de ne pas agir. Je suis prêt pour ma part à jouer
pleinement mon rôle dans la recherche d'une telle stratégie.
Par conséquent, lorsque je parle de notre devoir d'assurer
la protection ou lorsque je dis que nous devons pouvoir nous déployer
effectivement et rapidement et que nous devons adopter une démarche
intégrée en matière de gestion des crises
et de maintien de la paix à long terme, ayez présent
à l'esprit le fait que notre insuffisance collective d'aujourd'hui
s'évalue en pertes de vies humaines.
Bien entendu, il aurait été nettement préférable
de s'attaquer plus tôt aux problèmes chroniques de
gouvernance dont souffre le Soudan depuis longtemps. Permettez-moi
donc de souligner un quatrième et dernier point relatif
à la sécurité collective : notre objectif
ultime doit être un monde composé d'Etats pacifiques
et efficients, capables d'exercer leur souveraineté avec
responsabilité et de faire face aux tensions internes avant
qu'elles ne donnent lieu à des conflits préjudiciables
à leurs citoyens et porteurs de risques pour d'autres.
Nous ne pourrons édifier un monde plus sûr
que si nous accordons toute l'attention voulue à la démocratisation,
au développement et aux droits de l'homme. L'Organisation
des Nations Unies s'emploie chaque jour à promouvoir toutes
ces causes. Par exemple, les rapports de l'ONU appellent l'attention
sur les préoccupations que suscite la situation des droits
de l'homme dans de nombreux pays. Nous avons contribué
à promouvoir un débat trop longtemps différé
sur l'état du développement humain dans le monde
arabe. L'action que nous menons en vue de réduire de moitié
la pauvreté mondiale d'ici à 2015 se fonde sur la
nécessité d'instaurer la bonne gouvernance dans
les pays en développement et de mobiliser l'assistance
voulue auprès des pays développés.
Un nombre croissant de pays donateurs prennent des dispositions
concrètes pour s'acquitter des engagements qu'ils ont pris
lors des grandes conférences internationales. En 2005,
tous les pays riches devraient s'engager dans cette voie. Une
importante étude récemment réalisée
par l'ONU montre que le développement peut réussir
s'il bénéficie d'un dosage équilibré
de politiques et de ressources. Par conséquent, dans la
mesure où nous appuyons la démocratie et la bonne
gouvernance, renforçons l'aide, allégeons la dette
et encourageons des échanges commerciaux libres et équitables.
Ces différentes démarches, qui se renforcent mutuellement,
constituent les meilleurs investissements que nous puissions faire
pour notre sécurité collective.
Dans un peu plus d'un mois, les Etats Membres seront saisis
de mon programme de renouvellement et de réforme. Dans
sept mois exactement, les dirigeants du monde seront invités
à prendre des décisions de très grande portée.
Si les Etats Membres agissent maintenant, nous continuerons
de faire face à de nombreux problèmes. Toutefois,
nous disposerons d'un système de sécurité
collective plus efficient, plus efficace et plus équitable,
ainsi que d'un plan plus solide pour promouvoir le développement
et d'une meilleure Organisation des Nations Unies.
Et si l'on prend en considération ceux qui meurent aujourd'hui
au Soudan et ailleurs, l'action des Etats Membres apparaîtra
comme un don précieux fait à l'humanité.
Source : Nations unies, New York, février 2005.
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