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UNION EUROPEENNE, 17 NOVEMBRE 2006 / L'APPEL DE FLORENCE
__Plusieurs anciens dirigeants appellent l'Union européenne à un "sursaut politique"
Réunis à l'occasion d'un colloque en Toscane,
plusieurs anciens dirigeants européens ont signé,
le 17 novembre 2006, un texte commun - l'Appel de Florence
- appelant à "reprendre le chemin de la réforme
des institutions de l'Europe".
L'ancien chef de l'Etat français, Valéry Giscard
d'Estaing, qui a présidé la Convention chargée
d'élaborer le projet de Constitution européenne,
l'ex-chancelier allemand Helmut Schmidt, les ex-présidents
italien et portugais, Carlo Azeglio Ciampi et Jorge
Sampaio, l'ancien premier ministre grec Costas Simitis,
et l'ancien chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer,
réclament notamment "un sursaut politique de toutes
les parties concernées pour que le processus nouveau soit
conclu lors du nouveau Parlement européen au printemps
2009".
Elaboré par Yves Mény, président
de l'Institut universitaire européen de Florence, le texte
de l'appel prévoit de "conserver l'intégralité
des parties I et II du traité" et de "clarifier
les points litigieux de la partie III, au besoin par l'adjonction
d'un protocole additionnel".
L'APPEL DE FLORENCE
Au nom des Européens qui aspirent à une
Europe plus forte dans l'affirmation des droits fondamentaux,
plus efficace dans la gestion des politiques communes, plus à
même de répondre aux défis de la mondialisation
et plus déterminée dans l'affirmation de son rôle
dans le monde, nous appelons à reprendre le chemin des
réformes de l'Union, y inclus celle des Institutions.
Les Institutions ne constituent pas une fin en soi :
elles régissent et assurent le fonctionnement de l'Union.
Les Institutions conçues pour 15 Etats membres ne peuvent
pas être valables pour une Union de 27 pays. Leur adaptation
est indispensable pour que l'Union élargie puisse répondre
aux attentes des citoyens. Bien plus, l'immobilisme dans un environnement
en mouvement signifierait perdre du terrain et se montrer incapable
d'affronter les défis présents et futurs.
Sans réformes, non seulement l'élargissement
aux pays européens qui aspirent à nous rejoindre
sera impossible et l'approfondissement nécessaire restera
un vu pieux, mais la gestion elle-même d'une Union à
27 deviendra de plus en plus difficile, les politiques communes
moins efficaces et les citoyens plus sceptiques à l'égard
de la capacité de l'Union de trouver des réponses
appropriées à leurs problèmes.
Nous appelons, après la pause de réflexion
qui a suivi l'échec des référendums français
et néerlandais, à reprendre de manière
décisive la réflexion et l'action en matière
de réformes.
L'objectif devrait être de conserver toutes les améliorations
indispensables apportées aux Traités existants telles
qu'elles ont été adoptées par tous les gouvernements
de l'Union, tout en apportant les éclaircissements propres
à apaiser les inquiétudes qui se sont manifestées.
Nous appelons à conserver l'intégralité
des Parties I et II du Traité qui n'ont pas fait l'objet
de critiques majeures et qui sont indispensables au bon fonctionnement
de l'Union;
Nous appelons à clarifier les points de la Partie
III, s'il en existe, au besoin par l'adjonction de déclarations
ou de protocoles additionnels;
Nous appelons enfin à un sursaut politique
de toutes les parties concernées pour que le processus
nouveau soit conclu lors de l'élection du nouveau Parlement
européen au printemps 2009.
Carlo Azeglio Ciampi, Valéry Giscard d'Estaing, Joschka
Fischer, Jorge Sampaio, Costas Simitis, Helmut Schmidt, Enrique
Barón Crespo. Florence (Italie), 17 novembre 2006.
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