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ETATS-UNIS, JANVIER 2006 / LE DISCOURS SUR L'ETAT DE L'UNION
__George W. Bush : "Les grands dirigeants de notre histoire - de Roosevelt à Truman, de Kennedy à Reagan - ont rejeté l'isolationnisme et le retrait, parce qu'ils savaient que l'Amérique est toujours plus sûre lorsque la liberté est en marche"
Dans son discours au Congrès et au peuple des
Etats-Unis sur l'état de l'Union, prononcé
le 31 janvier 2006 devant la Chambre des représentants
et le Sénat réunis en séance plénière
et diffusé en direct à toute la nation, le président
George W. Bush a affirmé qu'en cette année
2006 "décisive", les Etats-Unis devaient exercer
dans le monde un rôle dirigeant en faveur de la paix et
de la sécurité.
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Photo Paul Morse, Maison Blanche.
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"Dans cette époque complexe et difficile, la voie
de l'isolationnisme et du protectionnisme peut paraître
large et accueillante, mais elle ne mène qu'au danger et
qu'au déclin. Le seul moyen de protéger notre peuple,
[...] le seul moyen d'assurer la paix, le seul moyen de maîtriser
notre destinée, c'est par notre rôle dirigeant. Les
Etats-Unis d'Amérique continueront donc d'être en
tête".
Affirmant que les Etats-Unis ne se "retireront pas du
monde" et ne "capituleront jamais devant le mal",
le président américain a déclaré que
son pays acceptait "l'appel de l'histoire à délivrer
les opprimés et à conduire le monde vers la paix".
Abordant la situation au Moyen-Orient, George Bush a fait observer que la démocratie exigeait non seulement des élections, mais aussi "la primauté du droit, la protection des minorités, et des institutions solides et responsables dont la durée dépasse celle d'un seul scrutin". Il a demandé aux nouveaux dirigeants palestiniens du Hamas de reconnaître Israël, de désarmer leurs milices, de rejeter le terrorisme et d'uvrer à la paix.
Au sujet de l'Iran, il a réaffirmé son
opposition à l'acquisition d'armes nucléaires par
ce pays, ajoutant toutefois, en s'adressant directement au peuple
iranien : "L'Amérique vous respecte et respecte votre
pays. Nous respectons votre droit de choisir librement votre avenir
et d'acquérir vous-même votre liberté. Et
notre nation espère un jour être le plus proche des
amis d'un Iran libre et démocratique".
Enfin, il a souligné que les Etats-Unis devaient faire
montre de compassion dans le monde en encourageant le progrès
économique, la lutte contre la maladie et "la propagation
de l'espoir dans des terres qui en sont privées".
Au début de son discours, George Bush a rendu hommage
à Mme Coretta Scott King, veuve de Martin Luther King et
qui était décédée ce même jour,
déclarant qu'elle avait "appelé l'Amérique
à suivre ses idéaux fondateurs, et entretenu, toute
sa vie, un rêve noble".
LE DISCOURS DE GEORGE W. BUSH
On trouvera ci-après les extraits du discours
du président George W. Bush sur l'état de
l'Union se rapportant à la politique étrangère
des Etats-Unis.
A L'ETRANGER, notre pays est résolu à
atteindre à long terme un objectif d'importance historique
: nous voulons la fin de la tyrannie dans le monde. Certains rejettent
cet objectif qu'ils considèrent comme de l'idéalisme
fourvoyé. En réalité, la sécurité
future des Etats-Unis en dépend. Le 11 septembre 2001,
nous avons découvert que les problèmes apparus dans
un Etat affaibli et répressif situé à plus
de 10'000 km pouvaient causer la mort et la destruction dans notre
pays. Les dictatures abritent les terroristes, alimentent le ressentiment
et le radicalisme et cherchent à obtenir des armes de destruction
massive. Les démocraties remplacent le ressentiment par
l'espoir, par le respect des droits de leurs citoyens et de leurs
voisins et se joignent à la lutte contre le terrorisme.
Chaque pas vers la liberté dans le monde rend notre pays
plus sûr, et c'est pourquoi nous agirons avec audace pour
défendre la cause de la liberté.
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Photo Paul Morse, Maison Blanche.
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Loin d'être un rêve sans espoir, la progression
de la liberté est la grande histoire de notre époque.
En 1945, on comptait environ une vingtaine de démocraties
dans le monde. De nos jours, on en recense 122. Et alors que nous
écrivons un nouveau chapitre de l'histoire du régime
représentatif - avec des femmes qui ont fait la queue pour
voter en Afghanistan ... des millions d'Irakiens qui ont marqué
leur liberté d'encre violette ... et des hommes et des
femmes du Liban à l'Egypte qui débattent des droits
de la personne et de la nécessité de la liberté.
Au début de 2006, plus de la moitié de la population
mondiale vit dans des Etats démocratiques. Et nous n'oublions
pas l'autre moitié, qui vit dans des pays tels que la Syrie,
la Birmanie, le Zimbabwe, la Corée du Nord et l'Iran, car
les exigences de la justice, et la paix dans le monde, requièrent
également leur liberté.
Personne ne peut nier le succès de la liberté,
mais il provoque la colère et l'opposition de certains
hommes. L'une des principales sources de réaction et
d'opposition est l'islam fondamentaliste, la perversion par
un petit nombre d'une foi noble en une idéologie de terreur
et de mort. Des terroristes comme ben Laden sont sérieux
au sujet des assassinats de grande ampleur - et nous tous devons
prendre au sérieux leurs intentions déclarées.
Ils cherchent à imposer un système cruel de contrôle
totalitaire dans tout le Moyen-Orient et à se doter d'armes
de destruction massive. Leur but est de s'emparer du pouvoir en
Irak et de se servir de ce pays comme d'une base sûre pour
lancer des attaques contre les Etats-Unis et le reste du monde.
N'ayant pas la puissance militaire nécessaire pour nous
défier directement, les terroristes ont choisi l'arme de
la peur. Quand ils assassinent des enfants dans une école
de Beslan ... ou qu'ils font exploser des trains de voyageurs
à Londres ... ou qu'ils décapitent un prisonnier
aux mains liées ... les terroristes espèrent que
ces horreurs briseront notre volonté et permettront aux
violents de se rendre maîtres de notre monde. Ils ont cependant
fait un mauvais calcul car nous chérissons notre liberté
et nous lutterons pour la conserver.
En cette période d'épreuve, nous ne pouvons
pas garantir notre sécurité en renonçant
à nos engagements et en nous retirant à l'intérieur
de nos frontières. Si nous laissions ces attaquants
venimeux tranquilles, eux ne nous laisseraient pas tranquilles.
Ils ne feraient que déplacer le champ de bataille dans
notre propre pays. La retraite ne mène nullement à
la paix, et il n'y aucun honneur à battre en retraite.
En laissant l'islam fondamentaliste faire ses quatre volontés,
en laissant un monde agressé se débrouiller tout
seul, nous indiquerions à tous que nous ne croyons plus
à nos idéaux ni même à notre courage.
Nos ennemis et nos amis peuvent cependant être certains
que les Etats-Unis ne se retireront pas du monde et qu'ils ne
capituleront pas devant le mal.
L'Amérique rejette le confort trompeur de l'isolationnisme.
Nous sommes la nation qui a préservé la liberté
en Europe, libéré les camps de la mort, aidé
à construire les démocraties et qui a fait face
à un empire diabolique. Une fois de plus, nous acceptons
l'appel de l'histoire pour libérer les opprimés
et faire avancer ce monde vers la paix.
Nous demeurons sur l'offensive contre les réseaux
terroristes. Nous avons tué ou capturé nombre
de leurs chefs, et en ce qui concerne les autres, leur jour viendra.
Nous demeurons sur l'offensive en Afghanistan où
un bon président et une bonne assemblée nationale
se battent contre le terrorisme tout en bâtissant les institutions
d'une nouvelle démocratie.
Et nous sommes sur l'offensive en Irak grâce à
un plan clair pour la victoire. Premièrement, nous aidons
les Irakiens à bâtir un gouvernement représentatif
de façon que les vieilles rancunes soient atténuées
et les insurgés marginalisés. Deuxièmement,
nous poursuivons nos activités de reconstruction et aidons
le gouvernement irakien à lutter contre la corruption et
à élaborer une économie moderne, pour que
tous les Irakiens puissent faire l'expérience des avantages
de la liberté. Troisièmement, nous frappons les
cibles terroristes tout en veillant à la formation des
forces irakiennes qui sont de plus en plus à même
de vaincre l'ennemi. Les Irakiens montrent leur courage quotidiennement,
et nous sommes fiers d'être leurs alliés pour la
cause de la liberté.
Notre travail en Irak est difficile car notre ennemi est brutal.
Mais cette brutalité n'a pas arrêté les progrès
remarquables de la nouvelle démocratie. En moins de
trois ans, la nation, qui était une dictature, est devenue
une nation libérée, une nation souveraine, avec
une constitution, des élections nationales. En même
temps, notre coalition n'a ménagé aucun effort pour
bloquer les infiltrations terroristes, déblayant les bastions
d'insurgés, et remettant le territoire aux forces de sécurité
irakiennes. J'ai confiance en notre plan pour la victoire... J'ai
confiance dans la volonté du peuple irakien... J'ai confiance
dans les compétences et l'ardeur de nos militaires.
Mes chers concitoyens, nous sommes dans cette bataille pour
gagner et nous sommes en train de gagner.
La route qui conduira à la victoire est la route qui
ramènera nos soldats chez eux. Au fur et à mesure
que nous ferons des progrès sur le terrain et que de plus
en plus souvent les forces irakiennes prendront l'initiative,
nous devrions être en mesure de réduire encore plus
le nombre de nos soldats, mais ce sont là des décisions
qui seront prises par nos commandants militaires et non par des
politiciens à Washington.
Notre coalition a tiré les enseignements de son expérience
en Irak. Nous avons adapté nos tactiques militaires et
changé notre approche de la reconstruction. En cours de
route, nous avons bénéficié des critiques
responsables et des conseils offerts par les membres du Congrès
des deux partis. Au cours des prochains mois, je continuerai à
rechercher vos bons conseils.
Il n'en demeure pas moins qu'il y a une différence entre
une critique responsable qui vise la réussite et un défaitisme
qui refuse de reconnaître autre chose que l'échec.
Une opinion a posteriori n'est pas synonyme de sagesse. Et l'anticipation
n'est pas une stratégie.
Avec tant de choses en jeu, ceux d'entre nous qui ont des postes
d'élus ont le devoir de parler en toute franchise. Un retrait
brusque de nos forces d'Irak abandonnerait nos alliés irakiens
à la mort et à la prison... donnerait le pouvoir
à des hommes tels que ben Laden et Zarqawi dans un pays
stratégique... et montrerait que la parole de l'Amérique
ne vaut pas grand-chose.
Mesdames et Messieurs les membres du Congrès,
Quoi que nous pensions à propos des décisions
et des débats du passé, notre nation n'a qu'un seul
choix : nous devons garder notre promesse, vaincre nos ennemis
et soutenir les militaires américains dans leur mission
vitale.
Notre offensive contre le terrorisme n'implique pas seulement
l'action militaire. Au bout du compte, la seule façon de
vaincre les terroristes, c'est de vaincre leur vision occulte
de la haine et de la peur en offrant à la place l'espoir
de la liberté politique et d'un changement pacifique.
Aussi les Etats-Unis d'Amérique appuieront-ils les
réformes démocratiques à travers le Grand
Moyen-Orient. Les élections sont vitales, mais elles
ne sont que le début. L'instauration d'une démocratie
exige la primauté du droit, la protection des minorités,
et des institutions solides et responsables dont la durée
dépasse celle d'un seul scrutin.
Le grand peuple égyptien a participé à une élection présidentielle pluripartite; à présent, son gouvernement doit ouvrir des voies pour une opposition pacifique qui réduira l'attrait de l'extrémisme. Le peuple palestinien a participé à des élections; à présent, les dirigeants du Hamas doivent reconnaître Israël, désarmer, rejeter le terrorisme et uvrer à une paix durable. L'Arabie saoudite a fait les premiers pas de la réforme ; à présent, elle peut offrir à son peuple un avenir meilleur en accentuant ces efforts. Les démocraties du Moyen-Orient ne ressembleront pas à la nôtre car elles reflètent les traditions de leurs citoyens. Néanmoins, la liberté est l'avenir de tous les Etats du Moyen-Orient, puisque la liberté est le droit et l'espoir de toute l'humanité.
Il en va de même pour l'Iran, cette nation aujourd'hui
prise en otage par une petite élite religieuse qui isole
et réprime son peuple. Le régime en place parraine
des terroristes dans les territoires palestiniens et au Liban
: cela doit cesser. Le gouvernement iranien défie le
monde par ses ambitions nucléaires, et les nations du monde
ne doivent pas permettre au régime iranien d'acquérir
l'arme nucléaire. Notre pays continuera à rallier
le monde pour faire face à ces défis. Ce soir, je
voudrais m'adresser directement aux citoyens iraniens : l'Amérique
vous respecte et respecte votre pays. Nous respectons votre droit
de choisir librement votre avenir et d'acquérir vous-même
votre liberté. Et notre nation espère un jour être
le plus proche des amis d'un Iran libre et démocratique.
Pour surmonter les dangers de notre monde, nous devons également
prendre l'offensive en encourageant le progrès économique,
en luttant contre la maladie et en répandant l'espoir dans
des terres qui en sont privées. L'isolationnisme non seulement
nous lierait les mains en nous contraignant à combattre
des ennemis, il nous empêcherait d'aider nos amis dont les
besoins sont désespérés. Nous faisons preuve
de compassion à l'étranger parce que tout Américain
croit en la dignité et en la valeur sacrées d'un
villageois atteint du sida, d'un nourrisson frappé par
le paludisme, d'un réfugié qui fuit devant le génocide
ou d'une jeune fille vendue en esclavage. Nous faisons preuve
de compassion, également, parce que les régions
ravagées par la pauvreté, la corruption et le désespoir
sont des sources de terrorisme, de banditisme, de traite humaine
et de trafic de drogue.
Ces dernières années, vous avez pris avec moi
des mesures sans précédent pour lutter contre le
sida et le paludisme, pour accroître la scolarisation des
filles et pour récompenser les pays qui vont de l'avant
sur la voie des réformes économiques et politiques.
Pour des populations de par le monde entier, les Etats-Unis sont
un partenaire pour une vie meilleure. Amenuiser ces efforts aggraverait
les souffrances et le chaos de notre monde, saperait notre sécurité
à long terme et émousserait la conscience de notre
pays. Je prie instamment les membres du Congrès de servir
les intérêts de l'Amérique en montrant la
compassion de l'Amérique.
[...] Dans tous ces domaines, de la dislocation des réseaux
terroristes à la victoire en Irak et à la propagation
de la liberté et de l'espoir dans des régions en
difficulté, nous avons besoin du soutien de nos amis et
de nos alliés. Afin de l'obtenir, il nous faut toujours
être clairs dans nos principes et prêts à agir.
L'alternative à un rôle dirigeant de l'Amérique,
c'est un monde dramatiquement plus dangereux et inquiet. Mais
nous choisissons aussi un tel rôle dirigeant en raison du
privilège qui est le nôtre de servir les valeurs
qui nous ont donné naissance. Les grands dirigeants de
notre histoire - de Roosevelt à Truman, de Kennedy à
Reagan - ont rejeté l'isolationnisme et le retrait, parce
qu'ils savaient que l'Amérique est toujours plus sûre
lorsque la liberté est en marche. Notre propre génération
livre une longue guerre à un ennemi déterminé,
une guerre que continueront des présidents des deux partis,
qui auront besoin du ferme soutien des membres des deux partis
du Congrès. Ce soir, je vous demande le vôtre. Ensemble,
protégeons notre patrie, soutenons les hommes et les femmes
qui la défendent et conduisons notre monde vers la liberté.
Source : Département d'Etat, Washington, janvier
2006.
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