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Textes de référence - 2007


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FRANCE | ELECTIONS PRESIDENTIELLES, MARS-AVRIL 2007
__Convaincu que "la pauvreté et l'exclusion détruisent toute la société", le collectif Alerte veut faire de leur éradication un objectif central du prochain quinquennat

| L’APPEL |

Les réponses des candidats

Relayant un appel du collectif Alerte, le quotidien La Croix a demandé aux huit principaux candidats à l'élection présidentielle française de préciser leur programme de lutte contre la pauvreté. Regroupant 37 des plus grandes fédérations et associations de solidarité, Alerte s’est créé en 1994 pour "mobiliser l’ensemble des citoyens et les forces vives de la société" autour de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion.

Dans leurs réponses au collectif Alerte, publiées le 13 mars 2007, la plupart d'entre eux disent vouloir mener, s'ils étaient élus, une politique durable.

"Trois millions et 600’000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France. Parmi elles, les personnes seules disposent de moins de 660 € par mois, les couples avec deux enfants d’à peine 1 500 €. Pire, le chiffre atteint 6,8 millions de personnes si l’on choisit de retenir la définition européenne de la pauvreté (60 % et non plus 50 % du revenu médian français), écrit Anne-Bénédicte Hoffner, dans le quotidien français.

"Certes, souligne-t-elle, en trente ans, la baisse est spectaculaire : le taux de pauvreté dans notre pays est tombé de 12 % au début des années 1970 à près de 6 % au tournant des années 2000, grâce notamment à l’amélioration du sort des retraités. Mais, depuis, le chiffre ne faiblit plus. Reste un noyau dur, que rien ne vient plus entamer. C’est que, comme le relève l’Insee, au sein de la population pauvre, les actifs remplacent depuis quelques années les personnes âgées.

"Phénomène récent mais en plein essor, les "travailleurs pauvres" seraient en effet autour de 1,8 million. […] Certains travaillent "dans des entreprises classiques", presque toujours à temps partiel, d’autres occupent des emplois précaires, sont saisonniers ou intérimaires.

"Et les "travailleuses pauvres", accompagnées d’enfants, contribuent, elles aussi, à façonner ce nouveau visage de la pauvreté, mêlant précarité économique, mal-logement, difficulté d’accès aux soins, exclusion sociale.

"La tâche reste donc immense, constate La Croix. […] Et le chemin est encore long pour que les personnes éloignées de l’emploi accèdent à une formation puis une activité, que tous aient un égal accès aux soins, ou que les étrangers présents en France puissent faire valoir leurs droits fondamentaux. Le collectif Alerte en est bien conscient : éradiquer la pauvreté implique l’engagement de tous (individus, entreprises, collectivités locales), mais aussi "une volonté politique farouche au plus haut niveau de l’Etat".

"ERADIQUER LA PAUVRETE EST UN OBJECTIF DIGNE POUR UNE NATION ET UN CHEF D'ETAT"

Notre constat. En dépit de l’immense richesse de la France, cinquième puisance économique du monde, le scandale de la pauvreté et de l’exclusion demeure et tend à se creuser. Malgré plusieurs alternances de gouvernements de droite et de gauche, la situation ne s’est pas fondamentalement améliorée par rapport au premier appel d’Alerte en 1994. Les associations de solidarité constatent qu’il ne sert à rien de prendre des mesures sociales si dans le même temps le système économique et social produit de nouvelles exclusions. Il reste encore 7 millions de pauvres dans notre pays. La pauvreté s’est même aggravée sur certains territoires. Et la précarité s’est généralisée, constituant un immense gâchis humain, social et économique. Nous avons collectivement échoué.

Notre diagnostic
. Cet échec a été possible parce que notre société ne l’a pas refusé. Les gouvernements ont certes pris des mesures et même de bonnes lois, mais elles ne sont souvent pas correctement et pleinement appliquées. Les pouvoirs publics n’ont pas décidé prioritairement d’éradiquer la pauvreté et ils ne s’en sont pas donné les moyens. Ils l’ont certes combattue, mais ils l’ont aussi tolérée. Ils se sont résignés à ce qui serait une fatalité. À l’inverse, ce qui a été défini comme de véritables priorités politiques a produit ses résultats (plan cancer, sécurité routière).

Nos convictions
. Eradiquer la pauvreté nécessite au plus haut niveau de l’Etat une volonté politique farouche d’en finir avec l’exclusion. C’est un objectif digne pour une nation et un chef de l’Etat. C’est aussi la condition pour permettre la nécessaire mobilisation de tous les citoyens. L’avancée d’une société se mesure à celle des personnes les plus fragiles ou en situation de précarité. Le progrès social passe nécessairement en priorité par l’accès de tous aux droits humains fondamentaux. Éradiquer la pauvreté est possible en France si nous le voulons vraiment. Cela suppose d’agir sur les mentalités et sur le regard des Français par rapport aux personnes en difficulté. Il faut aussi pour cela s’attaquer aux causes de la pauvreté, en amont de l’émergence de l’exclusion. Elles sont dans le fonctionnement de notre système économique et social, et en premier lieu dans les inégalités excessives. Il ne faut pas gérer l’exclusion, il faut l’éradiquer, parce qu’elle détruit tout, elle est contre-productive pour tout le monde.

NOS INTERPELLATIONS.
La stratégie de Lisbonne s’est donné, en 2000, comme objectif, l’éradication de la pauvreté d’ici à 2010. Comment allez-vous travailler à cet objectif ?

– Que ferez-vous pour que les droits fondamentaux soient respectés ? En particulier, le droit pour tous à :
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Un emploi
. Voulez-vous simplifier les dispositifs visant au retour à l’emploi des personnes qui sont les plus éloignées du marché du travail et garantir un droit, égal pour tous, à la formation, l’accompagnement, et le tutorat en entreprise ?

Un logement. Etes-vous déterminé à faire adopter par le Parlement dès le second semestre 2007 une deuxième loi fixant les modalités de mise en œuvre du droit au logement opposable ?

Des soins de qualité. Etes-vous d’accord pour fondre l’aide médicale d’Etat dans la CMU [Ndlr : couverture maladie universelle] et fixer le seuil de la CMU complémentaire à la hauteur du seuil de pauvreté (60 % du revenu médian) ?

– Quelles dispositions prendrez-vous
pour que les étrangers présents sur notre territoire aient réellement accès aux droits fondamentaux ?

– Etes-vous décidé à combattre les discours stigmatisant et culpabilisant les plus pauvres, et par quels moyens ?
Comment, au contraire, comptez-vous encourager le sentiment de fraternité, de solidarité et de justice chez les Français ?

– L’éradication de la pauvreté
est aussi une affaire de meilleure gouvernance. Etes-vous prêt à :

faire appliquer effectivement les lois ?
assurer une meilleure continuité des politiques publiques ?
faire en sorte que les grandes décisions gouvernementales, quel qu’en soit le domaine, fassent l’objet d’une étude d’impact préalable et publique par rapport à l’objectif central d’éradication de la pauvreté et de l’exclusion ?
permettre aux personnes les plus défavorisées de participer à l’élaboration des politiques qui les concernent ?
établir un tableau de bord périodique, rendu public, sur l’état de la pauvreté et de l’exclusion en France ?

Alerte, pour ce qui le concerne, s’engage à prendre toute sa part dans ce combat, en premier lieu en mobilisant la société civile. Le collectif s’engage également à mesurer les avancées qui seront faites.

"Alerte", 37 fédérations et associations en lutte contre la pauvreté, mars 2007.

Le collectif regroupe les associations et fédérations suivante : Association des collectifs enfants parents professionnels, Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie, Association pour le droit à l’initiative économique, Amicale du Nid, Comité chrétien de solidarité avec les chômeurs, Droits d’urgence, Emmaüs France, Familles rurales fédération nationale, Fédération de comités et d’organismes d’aide aux chômeurs par l’emploi, Fédération des associations pour la promotion et l’insertion par le logement, Fédération Entraide protestante, Fédération française des banques alimentaires, Fédération française des équipes Saint-Vincent, Fédération Habitat et humanisme, Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale, Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et gens du voyage, Fédération nationale des centres Pact-Arim, Fédération vacances et familles, Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés, Fondation Armée du salut, Fonds social juif unifié, France Terre d’asile, La Raison du plus faible, Les petits frères des Pauvres, Les Restaurants du cœur, Ligue des droits de l’homme, Médecins du monde, Mouvement ATD Quart Monde, Secours catholique, Société Saint-Vincent-de-Paul, Solidarités nouvelles face au chômage, Union des foyers et services pour jeunes travailleurs, Union des professionnels de l’hébergement social, Union féminine civique et sociale, Union nationale ADMR, Union nationale des associations familiales, Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux.
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