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Textes de référence - 2007


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UNION EUROPEENNE, MARS 2007, BERLIN | LES 50 ANS DES TRAITES DE ROME
__Déclaration de Berlin : un nouvel élan pour l'Europe ?

"Nous le savons bien, l'Europe est notre avenir commun" : la déclaration de Berlin rédigée par Mme Merkel, pour générale et brève qu'elle soit, a le mérite de nous ramener à l'essentiel, écrit le directeur du quotidien Le Monde, Jean-Marie Colombani.

Les vieux comme les nouveaux peuples européens n'ont de maîtrise possible sur leur avenir qu'ensemble. Dans un contexte marqué de plus en plus par la vague populiste et la réinvention du nationalisme, ce simple rappel, par celle qui s'attache à garder la maison pendant la crise, est une bouffée d'oxygène. Les raisons qui expliquent le mal-être actuel ne doivent pas, en effet, nous détourner de l'idéal de voir s'affirmer une identité européenne.

Les raisons d'être déçus et inquiets ne manquent pas. Les Européens ne savent plus ce qu'ils veulent faire de l'Europe. Ils ont cessé de s'accorder sur un idéal européen. Le dernier empruntait l'idée d'une confédération, à défaut d'une fédération, au service d'un modèle mêlant le capitalisme rhénan au colbertisme français; d'où la force et la capacité d'entraînement du couple franco-allemand.

Le projet fondateur n'est plus. Il n'y a pas de majorité pour une Europe qui justifierait d'autres abandons de souveraineté; pas davantage de majorité pour un "modèle" unique (il y a autant de pays séduits par le modèle libéral que par la social-démocratie); pas de majorité pour une harmonisation fiscale ou pour une politique budgétaire ou industrielle; pas de consensus sur la notion de service public. La liste n'est pas exhaustive [Le Monde, 27 mars 2007].

"C'est dans une ambiance de fête foraine que des milliers de personnes ont déambulé, en ce dimanche de cinquantenaire européen, sur la grande avenue du 17 juin, à Berlin" [Euronews]. Réunis pour fêter les 50 ans des Traités de Rome, les dirigeants européens "ont adopté une déclaration fixant pour objectif l'adoption d'un nouveau traité d'ici les élections au Parlement européen de 2009 en remplaçant le défunt projet de Constitution" [La Tribune].

Les Vingt-sept se sont "[engagés] à sortir de l'impasse institutionnelle en 2009" [Les Echos] et "à redonner un nouvel élan à l'Europe" [La Tribune].

Si "les noces d'or de l'Union européenne [ont été réussies]" [Euronews], Angela Merkel "a exhorté ses homologues à soutenir un renouvellement fondamental de l'UE pour les deux prochaines années" [Associated Press].

"Le chef du gouvernement italien et ex-président de la Commission européenne, Romano Prodi, a présenté l'Union comme l'antidote aux maux de l'Europe, aux maux du passé, aux poussées d'orgueil d'un continent qui a été sur le point de se suicider", rapporte l'Agence France-Presse (AFP).

"Beaucoup espèrent que le texte de Berlin marque le début d'un processus de relance du projet de traité constitutionnel", rapporte La Tribune. "Une feuille de route plus précise [devrait] ensuite [être] approuvée à l'occasion du Conseil européen de juin, une fois connu le résultat de l'élection française, précise le journal.

Si pour La Tribune, "Angela Merkel a tout fait pour qu'aucun nuage ne vienne voiler le soleil qui a éclairé Berlin ce week end", certaines dissensions ont quand même vu le jour. Pour Libération, la déclaration de Berlin est "a minima révélatrice des divisions des dirigeants européens". Le "Président polonais, Lech Kaczynski, a taxé l'emploi du temps d'irréaliste […]" et "le Président Tchèque, Vaclav Klaus, qui avait critiqué la Déclaration de Berlin à l'approche du sommet, a précisé qu'un nouveau traité n'était pas l’une de ses priorités" [Euractiv].

Pour sa part, Benoit XVI a "fustigé l'Europe qui nie ses racines" [Le Figaro]. "[Le 24 mars], il avait affirmé, à la veille des célébrations de Berlin du 50e anniversaire du traité de Rome, que l'Europe se rendait coupable d'une forme d'"apostasie d'elle-même" en passant sous silence Dieu et ses racines chrétiennes" [Reuters].

Dans un entretien au Monde, Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, analyse cette "morosité qui préside à ce jubilé de l'Union". Il rappelle que "l'histoire de la construction européenne n'a jamais été un long fleuve tranquille".

L'Europe est aujourd'hui, selon Sylvie Goulard, une "demi-maitresse qu'on aime sans inquiétude et qu'on quitte sans chagrin" [Libération]. Françoise Crouïgneau, dans Les Echos, souligne aussi cette tendance et note que "depuis la signature du traité de Rome, il y a un demi-siècle, l'UE a toujours fait figure de mouton à cinq pattes". "Trouvera-t-on un jour un nouveau Saint-Exupéry capable de la redessiner avec suffisamment de talent pour faire rêver en son avenir ?", s'interroge la journaliste.

03.2007.
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