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Benoît XVI à la tribune des Nations unies

Le discours du pape

1995, le message de Jean-Paul II
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NATIONS UNIES, AVRIL 2008 | LE DISCOURS DU PAPE DEVANT L'ASSEMBLEE GENERALE
__Benoît XVI demande la promotion d'une conception universelle des droits de l'homme
Le pape Benoît XVI a pris la parole, le 18 avril 2008, devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, où il a rendu hommage à la "noble tâche" de l'Organisation, défendant les valeurs inscrites dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et le concept de "responsabilité de protéger".
"A travers les Nations unies, les Etats ont établi des objectifs universels qui, même s'ils ne coïncident pas avec la totalité du bien commun de la famille humaine, n'en représentent pas moins une part fondamentale", a déclaré Benoît XVI.
"Les principes fondateurs de l'Organisation le désir de paix, le sens de la justice, le respect de la dignité de la personne, la coopération et l'assistance humanitaires sont l'expression des justes aspirations de l'esprit humain et constituent les idéaux qui devraient sous-tendre les relations internationales", a-t-il souligné.
"Cela est d'autant plus nécessaire dans le contexte actuel où l'on fait l'expérience du paradoxe évident d'un consensus multilatéral qui continue à entre en crise parce qu'il est encore subordonné aux décisions d'un petit nombre, alors que les problèmes du monde exigent, de la part de la communauté internationale, des interventions sous forme d'actions communes".
Benoît XVI a insisté sur le concept de "responsabilité de protéger", consacré par l'Assemblée générale - dans le document final du Sommet des chefs d'Etats de 2005 - comme principe du droit international, rappelant que ce concept était déjà considéré, aux premiers moment du développement du droit des relations entre Etats, comme le "fondement de toute action entreprise par l'autorité envers ceux qui sont gouvernés par elle".
Se plaçant dans une dimension théologique, le pape a expliqué "qu'aujourd'hui comme alors, un tel principe doit faire apparaître l'idée de personne comme image du Créateur, ainsi que le désir d'absolu et l'essence de la liberté". Il a aussi estimé que les droits inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme "trouvent leur fondement dans la loi naturelle inscrite au coeur de l'homme et présente dans les diverses cultures et civilisations".
A cet égard, Benoît XVI a insisté sur le fait que "détacher les droits de l'homme de ce contexte signifierait restreindre leur portée et céder à une conception relativiste, pour laquelle le sens et l'interprétation des droits pourraient varier et leur universalité pourrait être niée au nom des différentes conceptions culturelles, politiques, sociales et même religieuses".
Le pape a demandé que l'application des droits respecte leur esprit, plutôt que de céder à une "perspective utilitariste" et fasse prévaloir "le juridique sur la justice". Il a défendu la séparation "de la sphère religieuse de l'action politique" tout en soulignant que les religions pouvaient naturellement conduire un dialogue entre elles.
Benoît XVI a aussi défendu le droit à la liberté de religion. "Il est inconcevable que les croyants doivent devoir supprimer une partie de leur être leur foi afin d'être des citoyens actifs". "Il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu afin de jouir de ses droits", a-t-il ajouté.
Lors de sa longue allocution en français et en anglais, le pape a assuré que la défense des droits de l'homme restait la stratégie la plus efficace pour éliminer les inégalités entre pays et groupes sociaux, et pour améliorer la sécurité. "Les victimes du désespoir et de l'adversité, dont la dignité humaine est violée en toute impunité, deviennent les proies faciles des appels à la violence et peuvent à leur tour violer la paix".
Benoît XVI a souligné en conclusion que sa présence était "un signe d'estime pour les Nations unies", rappelant que le Saint Siège, qui y a un poste d'observateur, avait toujours eu une place dans les assemblées des Nations.
 Le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques avec 177 pays. Il est en accord avec la communauté internationale sur la Déclaration des droits de l'homme de 1948, depuis notamment l'encyclique Pacem in Terris [Paix sur la Terre] de Jean XXIII, en 1963, et la première visite de Paul VI au siège des Nations unies, en 1965.
Depuis 1964, le gouvernement de l'Eglise catholique dispose d'un siège d'"observateur permanent" aux Nations unies. En 2004, l'Assemblée générale a adopté à l'unanimité une résolution qui reconnaît une participation plus active du Saint-Siège aux travaux de l'Assemblée. Il peut faire circuler ses textes comme documents de travail. En revanche, l'"observateur permanent" n'a pas le droit de vote.
Le Saint-Siège est présent dans toutes les organisations des Nations unies et s'efforce de participer aux grandes conférences internationales où sont débattues les questions de paix, de vie humaine et de droits des peuples.
Source : Nations unies, New York, avril 2008.

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