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DOCUMENTS
1961-1989. De la construction à la destruction du Mur de Berlin [Toutel’Europe.fr]
Anniversaire de la chute du Mur | Une fête de la liberté | Témoignages | Berlin célèbre sa liberté [Office de presse, gouvernement allemand]

20 ans après la chute du Mur [Vidéo agence Novosti]
Berlin, la fête de la liberté [En allemand]

DISCOURS
Angela Merkel [Chancelière]
Horst Köhler [Président – Manifestation | Réception]
Nicolas Sarkozy

POINTS DE VUE
L'Europe de l'Est, vingt ans après [Jacques Rupnik]
Derrière le Mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme [Slavoj Zizek]
La chute du Mur de Berlin, symbole de la fin du monde bipolaire [Pascal Boniface]
N'oublions pas Reagan [Antoine Vitkine]
Le couple franco-allemand, au-delà des symboles [Joachim Bitterlich et Jean-Dominique Giuliani]
Berlin, un leadership par défaut [Anne-Marie Le Gloannec]
L’"Ostalgie", regret d’une utopie inaboutie [Régine Robin]
Vingt ans plus tard, les murs-frontières prolifèrent [Wendy Brown]

ETATS-UNIS
Proclamation présidentielle
sur la Journée de la liberté mondiale 2009


HISTOIRE
9 novembre 1938. La "Nuit
de Cristal"


ALLEMAGNE, BERLIN, 9 NOVEMBRE 2009 | 20e ANNIVERSAIRE DE LA CHUTE DU MUR
__Une grande fête européenne : Berlin célèbre l'anniversaire de la chute du Mur

Dans la nuit du 12 au 13 août 1961 est érigé en plein Berlin ce qui deviendra l'un des symboles physiques de la Guerre Froide : le Mur de Berlin, long de 160 km, divise la capitale allemande en deux parties - Berlin-Est et Berlin-Ouest. Pendant presque trente ans c'est non seulement la capitale allemande, mais le pays, l'Europe et le monde lui-même que va scinder en deux le "Berliner Mauer".

Lorsque le Mur tombe à Berlin, le 9 novembre 1989, moins d'un an avant la réunification de l'Allemagne, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie ont déjà commencé à s'émanciper de la tutelle communiste. Après le 9 novembre, la Roumanie et la Bulgarie s'engagent à leur tour dans un processus de démocratisation.

Plus de 100’000 personnes ont fêté, le 9 novembre 2009, à Berlin, le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin. La chancelière allemande Angela Merkel et de plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement, dont le président russe Dmitri Medvedev, le président français Nicolas Sarkozy, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, et la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, ont plaidé pour un nouvel élan diplomatique au nom de la paix mondiale.

"C'est un jour de fête, pas seulement pour l'Allemagne, mais pour toute l'Europe", a estimé Angela Merkel, vingt ans après la chute du Rideau de fer, qui a mis fin à la Guerre froide et permis la réunification de l'Allemagne et de l'Europe.

Une trentaine de pays étaient représentés, à commencer par les anciennes puissances qui occupèrent l'Allemagne après 1945 - Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne et France.

Angela Merkel : "un moment vraiment heureux dans l'histoire allemande et européenne"

Sous des parapluies blancs, Angela Merkel a franchi symboliquement d'est en ouest la Porte de Brandebourg, où passait le "mur de la honte". Pour elle, le 9 novembre 1989 a marqué "un moment vraiment heureux dans l'histoire allemande et européenne". Il a provoqué "un changement d'époque". Mais, a-t-elle rappelé, il faut se souvenir que "la liberté n'advient pas d'elle-même". "Elle doit être conquise et défendue".

Angela Merkel a adressé à son auditoire un véritable éloge de la liberté. "Nous célébrons le courage et la volonté" des habitants de la RDA [bloc de l'Est] qui se sont battus "pour pouvoir décider de leur vie", a-t-elle notamment rappelé. Pour l'occasion, elle a aussi tenu à se souvenir des victimes de l'Holocauste : "Pour les Allemands, c'est aussi un jour de tristesse car lors de la "Nuit de Cristal" nous avons connu une des pages les plus noires de notre histoire".

La Chancelière allemande a prôné un nouvel "ordre mondial" multipolaire pour résoudre les problèmes actuels comme le terrorisme, et invité les Etats-Unis à abandonner de leurs compétences au profit d'organisations internationales.

Le président américain Barack Obama a créé la surprise en intervenant via un message vidéo. "Peu d'entre nous auraient prédit qu'un jour l'Allemagne unie serait dirigée par une femme venue du Brandebourg [ex-RDA] ou que son allié américain serait dirigé par un homme d'origine africaine, mais la destinée humaine est ce que les hommes en font", a-t-il déclaré.

Hillary Clinton, la secrétaire d'Etat américaine, a décrit le 9 novembre 1989 comme "un matin nouveau qui a éclos dans les ténèbres de l'histoire". Elle a appelé l'Europe et l'Amérique à de nouveaux efforts pour "renverser les murs" de l'intolérance religieuse.

Nicolas Sarkozy à invité "abattre les murs qui à travers le monde divisent encore des villes, des territoires, des peuples". "Si je suis heureux d'être ici c'est parce que la chute du mur fut une libération".

"La chute du mur de Berlin sonne aujourd'hui comme un appel, un appel à nous tous à combattre les oppressions, à abattre les murs qui, à travers le monde, divisent encore dix villes, des territoires, des peuples", a-t-il ajouté. "Voilà donc le message que l'Europe réconciliée est fière de porter et d'incarner dans le monde."

Deux jours avant la commémoration à Paris de l'Armistice du 11 novembre 1918, qui a mis fin à la Première Guerre mondiale, Nicolas Sarkozy a également insisté sur la "responsabilité immense" des peuples et dirigeants français et allemands, réconciliés après s'être affrontés deux fois au XXe siècle. "Wir sind Brüder, wir sind Berliner" ["Nous sommes frères, nous sommes Berlinois"], a-t-il conclu en allemand.

Pour le premier ministre britannique, Gordon Brown, le mur de Berlin a été terrassé par "la force la plus puissante qui soit sur Terre" : par "l'inflexible puissance de l'esprit des hommes et des femmes de Berlin". Gordon Brown a appelé à "la fin de la prolifération nucléaire, de la pauvreté extrême et de la catastrophe climatique, grâce à la force des peuples unis dans un effort commun".

Le Mur de Berlin est tombé grâce aux réformes lancées en URSS et dans d'autres pays à l'époque, a assuré le président russe Dmitri Medvedev. "Il ne faut pas oublier que sa chute a été préparée par les réformes qui étaient lancées en Union Soviétique et dans d'autres États". L'URSS a joué le rôle clé dans la victoire sur le nazisme et, 44 ans plus tard, dans la réunification pacifique de l'Allemagne, a souligné le président russe. Ces deux événements ont apporté la liberté et le progrès à l'Europe et ont changé les destins du monde, selon lui.

Dmitri Medvedev a par ailleurs appelé à "répondre ensemble aux menaces actuelles, [à] nous serrer les coudes contre le terrorisme, [à] surmonter ensemble la crise qui nous touche".

Un mur de dominos

La soirée de fête s'était ouverte avec un concert de l'orchestre du Staatsoper de Berlin qui a joué sous la baguette de l'Israélo-Argentin Daniel Barenboïm : Wagner et Schönberg, notamment, et une chanson traditionnelle berlinoise interprétée par le ténor Placido Domingo que le prestigieux parterre a accompagné en claquant des mains.

Après les discours officiels, l'ex-dirigeant polonais Lech Walesa a fait basculer le premier d'un millier de dominos en polystyrène, hauts de 2,5 mètres de haut et peints par des amateurs du monde entier : leur chute en cascade a symbolisé l'écroulement du Mur. Sous les vivats de la foule et les lumières des projecteurs, la chute des dominos a créé l'effet d'un long serpentin coloré.

A l'appel d'un artiste britannique, 5’000 personnes ont formé des chaînes humaines là où se dressait le Mur. La soirée s’est terminée avec le chanteur Bon Jovi.

Les Berlinois, eux, étaient à la fête dans la rue, venus bien plus nombreux que pour les dix ans de la chute du Mur en 1999, quand la fracture Est-Ouest alors récente restait mal cicatrisée. Près de 100’000 personnes étaient présentes, malgré la pluie.

Le pont de la Bornholmer Strasse : "Nous sommes le peuple!"

Angela Merkel avait franchi dans l'après-midi un autre lieu symbolique du Mur, le pont de la Bornholmer Strasse, l'un des premiers postes-frontières ouverts le 9 novembre 1989, en compagnie de Lech Walesa et du dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev. Le pont était décoré de grandes photos en noir et blanc montrant les scènes de liesse, et la foule scandait comme à l'époque "Nous sommes le peuple!".

Angela Merkel a salué "l'incroyable engagement" du syndicat polonais Solidarité, qui le premier brava l'étau communiste en 1980, et remercié "de tout coeur" Mikhaïl Gorbatchev d'avoir "laissé faire les choses courageusement" en 1989, sans réprimer le peuple de RDA et les mouvements de réforme ailleurs.

Le 9 novembre 1989, le régime communiste de RDA, sous la pression des manifestants réclamant la liberté, s'était résolu à laisser voyager librement ses ressortissants à l'étranger. La foule s'était alors ruée vers les postes-frontières et les gardes, débordés, avaient levé les barrières. Allemands de l'Est et de l'Ouest s'étaient alors retrouvés dans une nuit de liesse, pendant que les premiers coups de marteau ébranlaient le Mur.

  A New York, le secrétaire général des Nations unies, Ban ki-moon. a déclaré : "Il y a 20 ans, la chute du mur de Berlin a changé le cours de l’Histoire et est venue symboliser le triomphe de gens ordinaires dans leur quête pour la liberté. Nous devons à tous ceux qui ont lutté pour leurs droits et libertés fondamentales de ne jamais oublier leur combat.

"Leur histoire reste encore aujourd'hui une source d’inspiration. Elle est un rappel de la différence que peuvent faire des peuples pour le plus grand bien, que ce soit en se battant pour les droits de l’homme, comme en 1989, ou en travaillant au XXIe siècle pour mettre fin à la pauvreté, nourrir ceux qui souffrent de la faim et combattre les changements climatiques. En cette journée, l’Organisation des Nations unies leur rend hommage".

Sources : presse internationale (dont "Le Monde" et agences Novosti et France-Presse) et services de presse des Nations unies et des gouvernements américain et allemand.
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